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Hôtel de France et d’Angleterre

Nous avons exploré cet hôtel abandonné en décembre 2013 et novembre 2017, un laps de temps suffisant pour voir la disparition progressive de ce lieu classé monument historique. Vous pouvez remarquer facilement de vous même à travers nos photos la différence entre ces deux dates en constatant que le côté droit du bâtiment s’est totalement effondré, embarquant avec lui la dernière inscription de l’hôtel “Et d’Angleterre” accrochée en haut de l’édifice. Cela ferait bien longtemps que l’hôtel serait démoli s’il n’était pas classé, ce que le temps et la nature s’occupent de faire. Par manque de moyen et de projet, l’ensemble disparaîtra entièrement dans quelques années. Il est évident et compréhensible qu’un tel lieu ne soit pas réhabilité étant donné que le tourisme et la fréquentation de la ville et des alentours attirent beaucoup moins de monde, quel serait l’intérêt financier de dépenser des millions d’euros pour quelque chose qui retombera à l’abandon. Le désespoir est tel que l’hôtel a été mis en vente sur le Bon Coin en 2016 à un prix de 550 000 euros jusqu’à ce qu’il soit bradé à un euro symbolique. C’est triste mais c’est bien la réalité qui empêche toute optimisme. Et c’est bien entendu un exemple parmi tant d’autres.

L’Hôtel de France et d’Angleterre fut construit en 1884 comme en témoigne l’inscription encore présente sur le fronton. Malheureusement un incendie ravageur en 1998 ruina totalement l’endroit. Cela faisait déjà plusieurs années qu’il était désaffecté avant qu’il ne brûle, j’aurai vraiment aimé trouver des photos de cette époque mais avant l’exploration de friches n’était pas aussi pratiquée, quel dommage, c’est comme ça que l’on remarque que notre travail d’immortaliser ces lieux a toute son importance.

C’est Rosita Mauri, une danseuse étoile qui décida de construire cet hôtel à Salies-de-Béarn, dans cette ville où elle a passé du temps à soigner une entorse dans les thermes. On peut d’ailleurs y voir encore une dépendance de l’hôtel à son nom “Villa Rosita” qui lui servait de lieu de repos. Une villa reliée par une galerie de verre permettant de rejoindre directement l’hôtel de luxe.

L’ensemble fut réquisitionné par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale et fut ensuite transformé en centre de réadaptation fonctionnelle, ça sera son dernier usage avant sa désaffectation.

Lors de ma dernière visite en novembre 2017, je doutais de pouvoir de nouveau accéder aussi facilement au bâtiment, finalement si. Et depuis 2013, la mode Urbex étant ce qu’elle est devenue j’ai vite remarqué que je n’étais pas seul. En prenant soin de mon cadrage pour immortaliser la façade du bâtiment, j’entends des voix provenant de l’intérieur de l’hôtel, il y a plusieurs personnes qui se parlent entre elles. En sortant de la ruine, trois garçons me font face et sont surpris de me voir, ils doivent avoir entre 9 et 14 ans et le plus petit me demande “Vous aussi vous faites un Urbex ?”. A cet instant précis, j’avais comme l’impression de pratiquer une passion de gamin comme si je m’amusais à jouer à Pokemon Go dans les jardins publics. Je réponds que oui, je suis venu ici pour prendre des photos et je m’engouffre à mon tour à l’intérieur de l’édifice constatant la grande dangerosité du lieu, à tout moment on peut recevoir des poutres ou autres tuiles au visage provenant du ciel ou bien s’engouffrer à travers le sol. J’hésite même à pénétrer à l’intérieur mais l’adrénaline l’emportant sur la raison me voici en train d’arpenter des couloirs en ruine. Il n’y a strictement aucun intérêt à voir cette ruine de plus près, il n’y a plus rien à admirer comme archives ou traces du passé.

En ressortant, j’entends une nouvelle fois d’autres voix arrivant vers l’hôtel, je découvre sortant de nulle part deux enfants âgés de 10 ans maximum s’approchant de la ruine, pensant naïvement qu’ils soient avec leurs parents, je les interroge pour leur demander s’ils sont seuls et me répondent que non. Effectivement derrière eux, deux petites filles du même âge les accompagnent. Manifestement l’Urbex se transforme en Jouet Club avec tous les dangers que cela représente. Du haut de mes trente ans et en qualité de nouveau père, me voila en train de faire de la prévention à ces enfants en leur disant de ne pas rentrer à l’intérieur et même de ne pas s’en approcher car tout est en train de s’écrouler. L’une des petites filles dit à l’un de ses camarades qu’elle ne veut pas mourir ici, raisonnés, ils s’éloignent de l’endroit, sage décision.






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