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Clinique du Docteur Sataro Fukiage

Posted on 8 7 m read

Nous arrivons dans la ville de Fuzumiku, une localité perdue au milieu des volcans dans laquelle nous nous trouvons afin de rechercher une clinique abandonnée. Non sans mal, nous avons des difficultés à la situer dans ces rues désertiques, on a l’impression que la ville est à l’abandon. Des rares personnes que nous croisons, aucune d’entres elles ne nous aidera à trouver la clinique, à chaque fois que nous posons la question il y a une forme de malaise, comme si mon interrogation faisait ressortir un passé douloureux. On peut comprendre cette réaction car effectivement l’histoire de ce lieu est dramatique. Cet endroit est une véritable légende urbaine. Sa fermeture remonte à l’année 1995 à cause de sa mauvaise réputation, la clinique était considérée comme un lieu hanté à cause de l’histoire de Asami Shimizu.


Cette jeune fille est décédée le 24 août 1994 dans des conditions dramatiques. Cela faisait déjà plusieurs mois qu’elle était hospitalisée ici en état de mort clinique après un terrible accident de la route, elle et ses parents sont tombés dans un ravin à cause du brouillard. Ça sera la seule rescapée. Depuis ce jour, plongée dans le coma, la petite Asami n’apporte aucun signe encourageant, elle est maintenue en vie artificiellement sans que l’on ne sache si un jour elle pourra se réveiller. C’est grâce à sa grand-mère qu’elle est en sursis, elle y verse toutes ses économies pour payer les soins et espérer que l’issue soit favorable. Elle se rend chaque jour à son chevet pour lui parler, la caresser, la rassurer, faire comme si Asami était bien vivante et réceptive.


Au sein de la clinique, elle faisait partie des meubles dans sa petite chambre du sous-sol. A vrai dire, le corps médical la considérait déjà comme morte tant l’espoir était nul. Le 24 août 1994 à 9 h 45, une sirène retentit dans toute la ville pour alerter les habitants d’une menace importante d’éruption du volcan du Mont Amasu. Une alerte qui obligeait tous les habitants à évacuer la ville au plus vite. Une manœuvre assez récurrente dans cette ville habituée à vivre sous cette menace constante. La clinique fut évacuée en quelques minutes avec l’aide d’ambulances venues chercher les personnes hospitalisées. Une évacuation dans la panique car la sirène fut déclenchée à plusieurs reprises pour montrer que le danger était imminent. Une précipitation qui aura laissé involontairement la petite Asami plongée dans le coma, seule dans sa chambre. Son silence fut une condamnation sans appel.


Des militaires se positionnèrent aux entrées de la ville pour empêcher toute intrusion, le temps de l’alerte, la zone fut totalement condamnée. Les habitants furent rapatriés dans la ville la plus proche, à une trentaine de kilomètres. Une attente dans la peur et l’effroi à l’idée de perdre leur vie. Le personnel de la clinique n’aura jamais remarqué l’absence d’Asami. Sa grand-mère pourtant a cherché sans cesse sa petite fille dans tous les hôpitaux et cliniques environnantes sans avoir la moindre information.


En fin de journée, des pluies torrentielles s’abattirent sur la ville fantôme de Fuzumiku créant de graves inondations. Deux jours après cet événement, l’alerte fut levée et les habitants ont pu regagner leur habitation. La ville fut dans un état catastrophique à cause des inondations et des coulées de boues, des maisons furent effondrées, des routes inaccessibles et d’autres structures menaçant de s’effondrer, une vision apocalyptique. La clinique ne fut pas en reste, l’intégralité du sous sol fut inondé. Au fur et à mesure que les personnes hospitalisées regagnèrent la clinique, l’absence de la petite fille se fit remarquer. Immédiatement tous les regards se portèrent vers ce sous-sol inondé. En urgence, des pompiers vinrent avec une pompe pour dégager l’eau. La grand-mère de la petite fille était présente et pleurait déjà la mort d’Asami. Après un long moment d’évacuation, elle fut retrouvée décédée, toute gonflée, encore attachée à son lit.


Un scandale dont ne se relèvera jamais la clinique. La presse et les médias rendirent hommage à la petite fille tandis que des manifestations devant l’établissement grossirent au fil des jours. Le directeur démissionna et assuma totalement ses responsabilités face à la justice. Malgré cette décision, la réputation morbide de la clinique l’emmena rapidement vers une faillite inévitable. Le procès condamna le directeur de la clinique à une lourde amende avec de la prison avec sursis. Un verdict que ne verra jamais la grand-mère d’Asami qui mit fin à ses jours peu de temps avant.


Une friche devenue un mémorial avec des personnes venant régulièrement poser des fleurs en hommage à la victime. Certains déclareront apercevoir la petite fille derrière les vitres de la clinique. Des apparitions qui furent confirmées par plusieurs des habitants. Certains même diront entendre des cris en pleine nuit venant de l’établissement à l’abandon. Pour beaucoup, l’esprit d’Asami demeure toujours ici. Comme en témoignent certains événements comme la façade de la clinique recouverte de sang le 10 janvier 1997. Plusieurs chasseurs de fantômes publieront des enregistrements sonores dans lesquels nous pouvons entendre des pleurs d’une petite fille dans la chambre d’Asami. La clinique ne fut jamais démolie afin de préserver son esprit.


Une vingtaine d’années après, nous voilà Marie et moi devant cette clinique désaffectée que nous avons fini enfin par trouver. La neige bouche légèrement l’entrée principale laissée ouverte. Nous parvenons tout de même à pénétrer à l’intérieur. Dès l’entrée, un distributeur de boissons est encore présent, avec les canettes d’époque. Le lieu est totalement inondé. D’ailleurs nous ne pourrons pas accéder à la chambre d’Asami car le sous-sol est totalement plongé dans l’eau, sans équipement impossible de faire quoi que ce soit. L’escalier principal est totalement givré, verglacé, c’est très dangereux et casse gueule, les stalactites sont énormes, c’est impressionnant, l’ambiance du lieu est très pesante, figée dans le temps.


A l’étage, un câble électrique est plongé dans le sol imbibé de glace et d’eau, instant frayeur, de peur de s’électrocuter, on s’avance avec prudence. On y découvre une salle d’opération encore intacte, le contraste est unique avec la glace recouvrant le sol, c’est une patinoire médicale. Nous apercevons sous la glace des seringues, des médicaments, des scalpels, nous sommes hors du temps. Il reste encore sur place plusieurs calendriers attestant de la dernière année d’occupation du lieu, 1995. Marie sort de la clinique pour m’attendre, il fait terriblement froid à l’intérieur. Je finis de faire le tour du lieu en grimpant jusqu’au dernier étage pour observer la vue sur la terrasse. D’en haut j’entends Marie crier, elle m’appelle pour que je sorte immédiatement. Je ne sais pas ce qu’il se passe à ce moment là, je descends rapidement en glissant dans les escaliers glacés. Marie est totalement paniquée et m’informe avoir vu une petite fille à travers une vitre du deuxième étage. Nous restons dehors à observer la façade de la clinique si nous voyons une autre apparition. On ne verra plus rien. Nous quittons la ville avec une certaine émotion et frayeur sans savoir véritablement qui était derrière cette vitre.

Nous ne communiquons pas l’adresse de ce lieu pour des raisons évidentes de sécurité et n’encourageons pas à l’explorer par vos propres moyens. De nombreux cas d’accidents graves et mortels sont à déplorer dans les lieux abandonnés, merci de consulter cette page d’information : urbexsession.com/lieux-desaffectes-danger. Abstenez vous de nous demander l’adresse par message privé ou dans les commentaires, il n’y aura aucune réponse de notre part, merci de votre compréhension. Lors de cette exploration, aucune dégradation ni infraction a été commise pour pénétrer dans ce lieu. Nous n’avons aucune information sur les éventuels propriétaires. Si vous êtes propriétaire de cet endroit et que la publication photographique sur ce site vous gêne, nous procéderons à sa suppression sur simple demande via notre page contact.

Clinique abandonnée au Japon


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8 Comments
  • Jordy Meow • Offbeat Japan
    décembre 1, 2017

    Évitez de lâcher un screenshot Google Maps et des photos où l’on voit en gros le nom du spot. Si vous trouvez ça difficile, voire relou, regardez le travail de Thomas Jorion. Sans vivre au Japon, ou comprendre le language local, il fait attention aux photos qu’il expose. C’est une question de respect, et c’est admirable.

    • Raphael
      décembre 1, 2017

      Je n’ai pas d’exemple à suivre et encore moins la volonté d’avoir des gages de respectabilité.

      • Jordy Meow • Offbeat Japan
        décembre 1, 2017

        Pas de problème. Mais au Japon, le respect n’est pas en option. Je transmettrai cette information à la communauté afin d’éviter que d’autres lieux soit souillées.

        • Raphael
          décembre 1, 2017

          Et alors ? Qu’est-ce que j’en ai a foutre de la communauté ?

    • Alice
      décembre 18, 2017

      LOL ! Si tu es bien le Jordy de Haikyo.org tu n’as aucune honte de venir dire ça ! C’est bien toi qui a mis en ligne ce site de recherche de spot : https://search.haikyo.org/ ? Ou bien d’avoir sorti un livre sur cette thématique ? Ou encore de publier la ville de certains des haikyo publiés sur ton site ? C’est admirable en effet ! Je te conseil d’aller regarder le travail de Thomas Jorion LOL ! Regarde son site Raphael : haikyo.org, c’est toujours drôle de voir les donneurs de leçon !

      • Jordy Meow • Offbeat Japan
        décembre 18, 2017

        Je ne sais pas si je devrais répondre à un message avec des points d’exclamations à toutes les phrases, des allégations infondées, et d’une personne qui n’ose même pas s’afficher avec un vrai profil. Mais je le ferai, en reprenant chaque point. Ensuite, la discussion est terminée.

        – le site de recherche : ça fait des années qu’il existe. Les infos qui s’y trouvent ne sont pas secrètes, ce sont des lieux publics, super connus, ou détruits. Mon site se base sur un autre, dont je ne dévoile rien de plus, et le mien est aussi moins exploitable. Pourquoi existe t-il ? Pour permettre à mes amis Japonais de connaître les nouveautés révélées par le site d’origine; si ces lieux ne devraient pas y être, alors le site d’origine est contacté. C’est purement applicatif. Je suis certain que ce site ne t’apporte rien, à part de te noyer dans des lieux sans valeur voir détruits. Ces informations cachent justement les lieux que l’on protège.

        – les livres : lis-les. Il n’y a aucune information, sur les photos, il n’y a aucun indice. Regardes-bien. Et reviens-vers moi avec des critiques cohérentes. Bien-sûr, les lieux comme Gunkanjima, Nara Dreamland, et autres lieux connus ne sont pas cachés. Les lieux détruits non plus. Tous les autres, oui. Mes livres ont été vérifiés par 3-4 explorateurs Japonais. Il n’y a rien de mal non plus à publier des livres.

        – mon site (et les villes) : pour les lieux connus, oui, il n’y a rien à cacher. Il y a même des cartes sur mon site. Une fois les lieux détruits, je rajoute parfois aussi les informations. C’est tout. Pas pour les autres. Encore, regarde. Tous mes articles sont vérifiés par des explorateurs Japonais. J’ai fait des erreurs 2-3 fois et je les ai toujours corrigées (souvent, des informations dans les images, en petit dans un coin, pas évident pour moi de m’en apercevoir).

        Si je fais une erreur, si je reçois une critique, j’écoute, et je réagi dans le bon sens. Je respecte les communautés, où je vis, et où je vais. Des preuves du contraire ?

        Au final, ton message n’a aucun sens. Je dis à Raphael de faire attention (avec un message dosé, j’avoue) et tu me tombes dessus, d’une manière totalement inappropriée et déconstruite. Je te rappelle que tu défends quelqu’un qui en dessous, dit : « Qu’est-ce que j’en ai a foutre de la communauté ? » et qui se fiche d’avoir du respect pour les autres (mais qui l’assume, donc le débat est clos).

        PS: Je soupçonne la blague, alors si c’est ça… j’y ai pensé ! 😉 Mais au cas où ce n’est pas une blague, au moins il y a une réponse.

  • Langjahr Killian
    août 7, 2017

    On dirais un décor de film d’horreur

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