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Des visages derrière les masques [Mise au point]

Posted on 6 9 m read

Note : Pour ne pas que mon texte soit trop rébarbatif à lire, j’ai pris l’initiative d’inclure entre mes paragraphes des grimaces de François l’Embrouille (je tente des choses expérimentales)

 

Merci énormément pour votre soutien sans faille face au message que j’ai laissé hier sur notre page Facebook en référence à notre coming-out d’humain. Bas les masques ! J’ai pris le temps de lire tous vos messages privés, vos commentaires, j’ignorais avoir autant de personnes nous appréciant, ce n’est pas désagréable. Malgré vos encouragements bienvenus, je ne peux me résoudre à laisser passer une telle campagne d’intimidation, de diffamation sur des propos postés en public sur des groupes Facebook, des insultes et menaces envoyées par mail voire ma page elle même. Sans parler de l’usage scrupuleux de nos photos qui est une énième combine pour nous nuire. C’est grâce à vous, ceux qui apprécient notre travail et qui nous transmettent systématiquement les captures, les copiés collés de propos laissés à notre encontre, que nous pouvons agir. Car moi je ne participe pas à cette communauté dans laquelle dire publiquement qu’apprécier les lapins est un crime de lèse majesté et qu’il peut être rédhibitoire de l’exprimer face à la meute. Car c’est comme toute situation, tout univers, toute religion, tout peuple, c’est toujours une minorité agissante qui pourrit toute une passion jusqu’à la moelle. Récemment la youtubeuse Zeiurbex l’avait exprimé dans l’une de ses vidéos : https://www.youtube.com/watch?v=fkgP-3JOjWQ, le climat lourd et malsain qu’engendrent ces gens qui pour la plupart avance masqué en bon troll extrémiste qu’ils sont. Un anonymat qui bien entendu n’est jamais éternel, comme dans notre cas de figure, il n’est pas évident de maintenir le mystère. Des informations reçues qui me seront d’une aide précieuse dans la plainte que nous devons constituer. Sans être de nature procédurière, je me vois dans l’obligation de m’adapter, cela me fera une expérience de plus. Tout esprit de groupe se croyant fort et soudé derrière un clavier retrouvera la réalité qui est tout autre qu’errer dans des galeries souterraines. Entre virtuel et réalité, il n’y a qu’un pas qui n’est pas difficile à franchir.

 

 

Depuis que notre site existe, déjà quatre ans, nous avons déjà eu quelques tentatives de piratage, de la plus amateure à la plus technique, le rendant pour l’une des fois hors service pendant un temps. Avec les moyens qui me sont donnés et l’investissement financier que je peux accorder à la sécurisation du site mais le laissant toujours vulnérable comme tous sites internet. On pourrait croire que j’héberge des dossiers confidentiels de Wikileak mais ce ne sont que des lieux désaffectés. Sans parler de l’obligation de mettre en place des doubles identifications de nos comptes de réseaux sociaux pour déjouer de pauvres tentatives de hacking. Parano ? Presque. Quelle proportion pour des lieux abandonnés, une passion sans repos.

 

 

Un sabotage en règle auquel nous devons faire face sans baisser les bras, surtout maintenant que nous avons fait de cette passion unique un travail artistique à temps plein. Depuis quelques mois, nous avons fait un pari un peu fou mais passionné de quitter notre ancienne vie pour se consacrer à cela. Un risque démesuré d’autant plus que nous sommes maintenant trois. Au pire, si l’on n’arrive pas à en vivre, on recommencera quelque chose d’autre, c’est ça d’être deux lapins qui ont la bougeotte. L’avenir est plus excitant quand il sort des sentiers battus. Nous n’arrivons pas à vivre une passion sans nous y investir complètement, l’enjeu est là. Ou nous continuons en exploitant notre travail ou nous passons à autre chose, quatre années de publications virtuelles peuvent finalement être frustrantes tant cela reste limité. C’est un investissement financier et professionnel.

 

C’est certainement difficile à imaginer que de visiter des lieux abandonnés soit quelque chose qui peut être un travail à plein temps, je peux le comprendre sans problème. Car pour la plupart d’entre vous, légitimement, vous ne pouvez peut être pas vous rendre compte de la masse de travail que l’on produit. Nous avons tous deux un rôle bien distinct en plus de prendre des photos avec un objectif différent, il y a l’avant-après voyage. Marie (Aurélie pour les intimes) s’occupe de traduire intégralement notre site en anglais et en espagnol pour atteindre une plus grande cible, elle s’occupe également de référencer notre site qui n’est pas une mince affaire, ce qui fait en partie notre visibilité. Sans parler de l’investigation de rechercher des lieux abandonnés jusqu’à plus soif. De mon côté, c’est le travail du traitement photos qui me prend une grande partie de mon temps, vous vous rendez compte qu’elles ne sont pas publiées brutes, elles sont retravaillées, ce qui équivaut en moyenne à 20 minutes de travail par photographie, ce qui n’est pas si excessif que ça mais multiplié par beaucoup ça fait beaucoup. Il y a trois mois, nous avons ramené 4000 photos du Japon, faites le calcul à la maison. Je ne compte pas faire pleurer dans les chaumières, loin de là, c’est déjà merveilleux de pouvoir vivre de son art, encore plus à deux. Pour légitimer mon temps plein si je dois le faire, c’est de plus la création et gestion des sites internet comme le tout dernier Urbexstock.com qui est notre plateforme de vente en ligne de nos œuvres, un investissement qui aurait pu être plus léger si j’avais hébergé notre travail sur des sites de mise en vente artistique, mais j’ai pour vocation d’avoir la main du début à la fin sur nos photos, l’indépendance, houra.

Mais ce n’est même pas ça finalement qui me prend le plus de temps, c’est l’écriture. Depuis le début, je prends part en réalisant une nouvelle, une histoire pour chaque lieu que nous explorons, une façon originale et unique de les présenter. Un point de vue qui a toujours divisé notre public et les visiteurs de notre site. Les uns vont y voir une histoire trash, gore, politiquement incorrecte, non sans humour noir, les appréciant ou non et les autres vont simplement voir un mythomane qui essaye de faire croire des choses juste pour le plaisir de mentir, dans ce cas là, je ne m’ennuierai pas en écrivant 10 paragraphes et je ferrai ça en 3 lignes (douche comprise). Après je ne vais pas blâmer ceux qui croient à mes mots, c’est que c’est en partie réussi. C’est pour une de ces raisons que nous avons envisagé depuis notre dévouement au saint graal désaffecté de sortir du cadre internet pour réaliser des livres, un objet qui se prête beaucoup plus à notre univers. Déjà deux mois que nous n’avons rien publié de nouveau sur notre site, lasser de ce mode de fonctionnement. Quatre ans de “C ou ?” nous aura finalement convaincu de faire autre chose. On se doute bien qu’une partie de notre trafic internet est là pour chercher des spots sur notre site, c’est comme un bon coin à champignons. On y trouve de bonnes truffes mais ça n’est pas satisfaisant pour nous.

Mon parti pris de vouloir absolument accompagner nos photographies de récits nous complique un peu plus les choses, je suis du genre têtu et trop fier pour avoir tord et délaisser ma plume un peu trop extrême prêtant à la polémique voire l’incompréhension. Les sujets tabous peuvent m’inspirer, je vais même tout droit vers le tabou tant il me laisse dans l’incompréhension comme les sexualités déviantes, la pédophilie, le sadisme voire même des faits de société comme la religion et sa dangerosité en fonction des individus, la déchéance de notre société, tout ce qui peut être lié à l’horreur et à l’immonde se prête parfaitement aux décors désaffectés que nous côtoyons, c’est déjà ma base d’écriture et d’inspiration. Un exutoire dont je ne me lasse pas, cette passion de l’écriture a toujours été mienne bien avant la photo. Ce mixte d’inclure une histoire fictive dans un lieu mort est quelque chose de terriblement évasif, comment pourrais-je écrire une belle romance dans un sanatorium désaffecté aux couloirs effrayants, j’en serai incapable, épris par des pensées pessimistes et bien trop réalistes. Des mots pour se protéger et essayer de comprendre malgré tout.

 

Un décalage littéraire et second degré qui trouve de moins en moins sa place sur internet dans une passion qui prend la direction du néant et de l’abrutissement avec cette nouvelle génération d'”Explorateurs” qui n’ont de cesse de creuser un peu plus leur médiocrité. Se retrouver dans cette masse impropre malgré moi me procure une asphyxie progressive. Diantre, ils ont cassé mon jouet. Les plus à plaindre sont ces autres jeunes qui doivent remonter le niveau à leur propre échelle face à la réussite facile du rien sur YouTube. Courage.

 

Il y a un peu plus d’un an, en relation avec un éditeur, j’ai décliné une offre car elle ne correspondait pas à notre culte de l’originalité et de la dérision. A l’époque, faire un livre de nos photos accompagnées de l’historique des lieux avec un topo sur la pratique de l’urbex ne nous paraissait pas opportun, surtout existant à travers plusieurs confrères qui le font déjà très bien. Bon sincèrement, je ne dis pas que si l’offre financière aurait été plus alléchante, j’aurais peut être fait un topo réaliste sur le sanatorium du Vexin, le pouvoir de l’argent malgré tout.

C’est avec ce cheminement et cette entêtement que nous nous dirigeons vers l’auto-édition de notre livre pour avoir un objet qui nous corresponde réellement. Le plus difficile dans ce registre là c’est d’avoir de la qualité et de le vendre à un tarif raisonnable, c’est la grande complexité du moment. Internet a cette qualité d’offrir facilement une exposition mondiale du moment que l’on travaille pour mais à la fois c’est s’enfermer sur la toile à errer et poster comme un vieux geek ces comptes rendus de voyage et se faire voler ses photos par la même occasion car oui c’est un véritable fléau qui nous prend un temps fou et qui est d’autant plus un combat sans fin. C’est une des choses les plus frustrantes que nous rencontrons. Bien entendu, le site n’est pas abandonné, il y a encore des centaines de reportages un peu plus anciens à publier sauf qu’ils ne seront pas des plus prioritaires.

 

Passer dans l’édition de livre et l’exposition de nos œuvres sera une expérience d’autant plus belle qu’elle sera plus humaine, dans un contexte plus enjoué et excitant. C’est pour ça qu’on nous a pris un peu au dépourvu en montrant nos visages à l’arraché car nous nous questionnions avec Marie sur la façon originale de nous faire sortir de nos masques, finalement c’est fait de façon précipité, l’accueil que vous nous avez fait est au delà de nos attentes. Toute cette mise en place prendra un peu plus de temps vis à vis de ce que nous devons entreprendre comme plainte, je m’en serai évidemment bien passé dans un contexte dans lequel nous courrons derrière le temps même le plein temps ne suffit plus. On se donne quelques mois pour atteindre notre objectif et concrétiser notre projet.

 

On continue à travailler à l’ancienne, sans tipeee et appels aux dons, on reste dans la décence en essayant de nous débrouiller afin de financer cette nouvelle vie, c’est de notre responsabilité d’y arriver et vous proposer un contenu qui vous plaise. On vous tient vite au courant d’une exposition qui se prépare aux alentours de Bordeaux. Hâte.

 

Continuez à nous suivre de la plus belle des manières, restez présents, de belles choses arrivent, on y met le temps et les moyens. Et avec ou sans masque, nous resterons présents dans cet univers qui nous emprisonne.

 

Merci encore d’être là avec nous.

 

Raphael.

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  • Poumai Jean Philippe

    Très bonne mise au point . Longue mais bonne lollllll . J’ai moi même voulu déposer un droit sur mes photos , mais cela coûte très cher . Enfin en Belgique en tout cas . Je me réjouis de voir cette expo , même si c’est a bordeaux donc très loin de chez moi . Au plaisir de vous rencontrer un de ces jours , et si vous venez en Belgique prevenez moi , ca nous permettra de partager nos expériences , de faire une bonne bouffe comme on dit chez nous .

    Amicalement .

    Jean Philippe

  • Pyro Teck

    Continuez comme vous etes ne changer rien!

  • Ananas 70

    Magnifique photo de votre petite famille <3, continuez de faire ce qui vous plait tant que ça ne vous lasse pas et ne vous souciez pas de ceux qui ne vous apprécient pas, nous sommes beaucoup plus à vous adorer. Nous espérons tous que votre aventure dura le plus longtemps possible.

  • Geoffrey Bouvier

    bonjour, au delà du piratage wikileaks, c’est la beauté des lieux qui est visée… il suffit de regarder les objets laissés sur les photos… on aurait vite fait de dérober une commode, des armoires, ou tout objet ayant un temps soit peu de valeur….ils ont besoin d’infos… ou alors des fétichistes de votre joli couple…
    en tout cas, merci de nous faire partager ces superbes photos et longue vie à urbex.

  • Geoffrey Bouvier

    bonjour, au delà du piratage wikileaks, c’est la beauté des lieux qui est visée… il suffit de regarder les objets laissés sur les photos… on aurait vite fait de dérober une commode, des armoires, ou tout objet ayant un temps soit peu de valeur….ils ont besoin d’infos… ou alors des fétichistes de votre joli couple…
    en tout cas, merci de nous faire partager ces superbes photos et longue vie à urbex.

  • Romain Morato Le Petit

    Vous faites un super boulot depuis longtemps et vous meritez largement de vivre de votre passion si c’est possible ! Les vrais amoureux de ces endroits abandonnés continueront de vous suivre, les gamins et les mode passeront… Respect !