Photographie ! Halte au pillage & à la contrefaçon !

 

Partager ses photos sur internet, c’est avant tout la volonté de les exposer et leur donner de la visibilité, d’éprouver une certaine fierté et satisfaction de son travail. Internet nous offre plusieurs solutions à cela, créer son portfolio, sa page Facebook, Flickr, Instagram, 500px et j’en passe, autant d’outils pratiques pour créer des contacts et une communauté. Mais nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours, il y a bien des inconvénients à cela, c’est de se faire voler nos photos.

Loin d’être opposé à l’idée que l’on partage nos photos, internet vit de ça, je proteste contre des sites et des pages falsifiant notre travail en se l’appropriant à travers des méthodes bâtardes, suppression du copyright, découpage des photos, etc… Sans scrupule, des personnes se font passer intentionnellement comme étant les photographes, une usurpation au sens propre.

Exemple n°1

Un inconvénient redondant, usant de mauvaise foi. De notre côté nous avons la chance d’avoir une communauté qui nous suit à travers nos réseaux sociaux et qui nous avertit quand ils aperçoivent que nos photos ont été utilisées et modifiées sans notre accord, ce qui nous permet d’agir immédiatement.

Une perte de temps évidente, à envoyer des mails, des messages privés à des pages pour leur demander de supprimer nos photos avec toujours la même réponse « On l’a trouvé sur Google Image, j’ai le droit« . Las de devoir systématiquement refaire une éducation juridique à des gens totalement désintéressés par le sujet, nous avons décidé de passer outre le dialogue et de faire appel à la sanction systématiquement. A travers cette page, je vais vous expliquer comment faire pour faire respecter votre droit d’auteur en faisant appel à la modération des réseaux sociaux.

Exemple n°2

Il faut savoir que les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Instagram, réagissent rapidement à nos demandes, ils font respecter scrupuleusement le droit d’auteur et collaborent facilement. D’ailleurs, les plagiats, le vol ne sont pas du tout appréciés par ces sites. Au premier signalement, ils suppriment les photos incriminées, au suivant ils bloquent la possibilité de publier pendant un certain temps et après la sanction définitive de la suppression du compte, de la page. Cela arrive régulièrement. Nous avons à notre actif un palmarès de plusieurs comptes supprimés, un combat sans fin.

Exemple n°3

Un combat nécessaire, il faut comprendre que ce genre de pages à likes volent du contenu pour faire prospérer leurs affaires en y insérant de la publicité ou même en revendant leurs pages, de vrais parasites. Quand je me rends sur ces pages qui plagient le travail d’autrui, je prends le temps d’avertir les autres photographes victimes également, il est important de collaborer ensemble pour mettre fin à de tels agissements.

Exemple n°4

Ne vous efforcez pas à enlaidir votre travail en y apposant de grosses signatures ou copyright sur vos photos, cela revient à faire porter le voile à sa femme par peur que des hommes la regardent, stupide.

Une règle importante lorsque vous publiez vos photos sur internet pour faire valoir votre paternité artistique :

  • Ne jamais publier vos photos en haute définition, diminuer la taille de celles-ci pour qu’elles soient moins exploitables commercialement
  • Si vous retouchez vos photos, gardez absolument le fichier original, sans retouche, idéalement en format raw, la preuve incontestable en cas de plainte

Ci-dessous, un tutoriel complet pour avertir les réseaux sociaux, Google et les hébergeurs de sites internet qui ont plagié vos photos. Dans certains cas, le vol des photos a un but commercial comme l’utilisation de vos photos à travers la vente de tableaux ou autres, dans ce cas là, il faudra obligatoirement porter plainte pour le préjudice.

FACEBOOK

Pour demander qu’une de vos photos ou un album soit supprimé d’une page, il faut se rendre directement sur cette page : https://www.facebook.com/help/contact/937027619679465?helpref=faq_content. A travers quelques étapes rapides, sélectionnez tout d’abord dans le menu « Droits d’auteur« .

Ensuite, cliquez tout en bas de la liste à « J’ai trouvé un contenu qui, selon moi, constitue une violation de mes droits d’auteur » (https://www.facebook.com/help/contact/1758255661104383).

Sur cette page il faut inscrire vos coordonnées, c’est à dire votre nom, votre responsabilité (choisir propriétaire), votre numéro de téléphone et votre mail.

Dans cette étape, signalez l’url de vos photos publiées sur la page coupable du vol. Vous avez juste à copier coller l’URL présente dans la barre de votre navigateur internet. Si on vous a copié tout un album photo, veuillez sélectionnez l’option « Album Photo« . Dans « Pourquoi signalez-vous ce contenu ?« , sélectionnez : « Ce contenu copie mon travail« . Dans la partie « Communiquer votre oeuvre protégée » veuillez transmettre par pièce jointe votre photo volée, l’idéal serait d’inclure directement l’url de votre site web où l’on peut trouver votre photo, Facebook pourra attester de la violation de votre propriété. Confirmez votre déclaration  et cliquez sur « Envoyer« .

Quelques secondes après, Facebook vous envoie par mail, une confirmation de votre plainte avec un numéro attitré.

Généralement, Facebook supprime la ou les photos en moins de 24 heures en vous l’indiquant une nouvelle fois par mail. Il faut préciser que vous n’avez pas besoin d’être inscrit sur Facebook pour déposer une plainte.

Systématiquement, à chacune de nos plaintes, Facebook a toujours supprimé les photos incriminées.

TWITTER

Pour signaler une publication litigieuse sur Twitter, il faut se rendre directement sur cette page : https://support.twitter.com/forms/impersonation.

Indiquez dans votre réclamation à Twitter le nom de l’utilisateur incriminé ainsi que les tweets en question, vous pouvez également protester si une de vos photos est utilisée en bannière ou en avatar. Une réponse est donnée en moins de 48 heures avec la suppression du contenu illicite. Le problème avec Twitter c’est qu’il mette du temps à prendre la décision de bloquer ou supprimer un compte malgré des récidives.

INSTAGRAM

Pour une réclamation de droit d’auteur sur Instagram, il faut se rendre sur cette page : https://help.instagram.com/contact/552695131608132, c’est exactement les mêmes étapes que pour une réclamation sur Facebook, car c’est le même formulaire étant donné qu’Instagram appartient à Facebook. La vitesse de modération et les sanctions sont tout aussi rapides.

 

 

La liste des réseaux sociaux pour porter réclamation n’est évidemment pas complète, j’ai mis les principaux, les plus utilisés mais chaque réseau social applique le même type de modération et réglementation du droit d’auteur (Google +, Flickr, Tumblr, etc…).

SITE INTERNET

Si votre contenu est utilisé sur des sites internet sans votre autorisation, c’est un peu plus compliqué que sur les réseaux sociaux, surtout si le média est étranger. Nous avons vécu cette expérience avec le site « http://www.excite.fr/ » qui a publié un dossier des « 10 châteaux abandonnés en France », avec dix de nos photographies avec recadrement pour effacer le copyright et sans nous citer. Une malhonnêteté à toute épreuve. C’est le genre de sites internet qui piochent partout pour offrir du contenu à pub, le site n’est qu’un prétexte pour insérer une tonne de publicités. Je découvre donc nos photos sur ce site horrible et j’ai immédiatement pris contact avec eux. Evidemment, mon mail fut sans réponse. Ils n’ont pas d’état d’âme à considérer les gens. Après renseignements, le site est hébergé à l’étranger et un dépôt de plainte n’aurait pas abouti à grand chose.

Un site qui adopte l’art de rendre la pub subtile ! Même la photo est bouffée par la pub. Et pour voir les 10 photos il faut cliquer sur suivant à chaque fois pour générer de nouvelles pubs. Un piège à cons.

Dans ce cas où vous êtes ignorés par les propriétaires des sites internet, pas d’inquiétude, pas de stress, il y a toujours moyen de les faire regretter sans débourser le moindre euro. Il faut savoir que Google n’apprécie pas le contenu dupliqué et la violation du droit d’auteur et sanctionne en faisant déréférencer une page internet voir un site entier en cas de réclamation. Et ne plus apparaître sur Google est une morte certaine pour un site internet. Pour faire une réclamation à Google, il faut se rendre directement à cette adresse : https://www.google.com/webmasters/tools/legal-removal-request?complaint_type=dmca&visit_id=1-636317551272462428-3044721847&rd=1.

Sur ce formulaire vous inscrivez tous les liens incriminés avec votre travail volé et vous expliquez clairement la situation en envoyant le plus de justificatifs pour que Google traite le dossier au mieux. Vous envoyez des liens de votre site, de votre page Facebook, au besoin même une capture d’écran réalisée par huissier et en moins d’une semaine, Google vous répond et généralement déréférence la page comme cela est arrivé pour nous avec notre litige face à Excite.fr. De tout évidence, si Google reçoit plusieurs plaintes pour les mêmes motifs, le site internet est voué à disparaître. Tout leur investissement peut disparaître rapidement.

Comme moyen de pression, il faut savoir également que l’hébergeur du site internet est responsable du contenu publié, il peut de son côté supprimer directement le contenu incriminé voire faire fermer le site internet. Vous pouvez dans un premier temps envoyer un mail et par la suite un courrier recommandé pour une mise en demeure si cela ne suffit pas. Dans notre cas, le mail a suffi et la page avec nos photos a été supprimée.

Pour savoir quel est l’hébergeur d’un site, il suffit d’aller voir le « Whois », sa carte d’identité virtuelle comme sur ce site par exemple : https://www.whois.com/whois/excite.fr.

Dans cet exemple, le serveur « awsdns » est en fait Amazon, après quelques recherches on récupère la page contact et les mails https://aws.amazon.com/fr/application-hosting pour faire une réclamation. Alors effectivement ce sont des démarches qui prennent du temps, ça peut être laborieux mais ça reste la méthode la plus efficace et gratuite. Après libre à vous de déposer une plainte pour demander des dédommagements.

Continuons d’être vigilants, merci encore à toutes les personnes qui viennent m’informer quand mes photos sont volées, j’en suis reconnaissant et je fais de même quand je vois que ça arrive à des contacts que je connais. Aucune excuse, des sanctions. Ces gens construisent une communauté sur du vol, nous avons les cartes en main pour mettre fin à cela. N’hésitez pas à partager dans les commentaires de cet article les pages Facebook, Instagram, site internet, coutumières du fait.