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Manoir Joushomme

Posted on 0 6 m read

Fin de journée, un temps ordinaire en Normandie, la pluie battante, j’accélère dans des petites routes pour rejoindre un manoir abandonné avant qu’il ne fasse nuit. Perdu au milieu de rien, j’arrive dans un cadre rural où la quiétude constitue la seule attractivité. Couvert de ma capuche, j’abandonne mon véhicule dans un petit chemin discret pour continuer mon trajet à pied.



Au premier abord, l’intérieur du manoir a l’air vraisemblablement bien fermé, je ne me décourage pas et pressé par le temps, je cherche rapidement la moindre ouverture jusqu’à trouver cette fenêtre non verrouillée, au bonheur la chance. Je tombe rapidement sur la pièce maîtresse du lieu, un magnifique escalier dans un cadre de décrépitude totale, je l’immortalise à plusieurs reprises pour être certain de faire la photo presque parfaite. Un peu plus loin, il y a un sofa faisant figuration devant une bibliothèque remplie de livres d’époque, encore une belle scène à photographier. Je fais rapidement le tour du propriétaire mais le reste est nettement moins intéressant. Avant de partir, sans trop d’originalité, je décide de poser devant les escaliers muni de mon seul maillot moule-bite, un jour je comprendrais peut-être ce désir d’exhibition si je me décide à céder à la psychanalyse. Ça me fait penser du coup à une légende urbaine Normande que j’avais lu il y a un moment sur un soi-disant pervers rôdant autour des piscines publiques à bord de sa Fiat Multipla rouge pour menacer des nageurs et leurs voler leur maillot de bain, on lit de ces choses.



La luminosité se fait de plus en plus faible, il est temps pour moi de quitter ce charmant manoir. Je décide un peu égoïstement de bien claquer la fenêtre pour verrouiller complètement le lieu afin d’éviter qu’il ne subisse la foudre de personnes mal intentionnées, c’est ça aussi l’Urbex, c’est la protection des endroits abandonnés. Une fois arrivé devant mon véhicule, en cherchant les clés de ma voiture, je remarque totalement hébété que j’ai laissé toutes mes affaires dans le manoir, je n’ai même pas fait attention malgré le froid que j’étais resté en moule-bite. Comme situation à la con, on ne peut pas mieux faire. Sans lampe torche et téléphone, je repars en direction du manoir dans une panique immodérée. Le froid que j’avais ignoré jusqu’à présent m’envahit complètement. La fenêtre que j’ai pris soin de bien refermer ne s’ouvre plus, le bienfaiteur arrosé. Impossible de trouver un autre accès, je ne peux joindre personne pour me venir en aide, je meurs de froid.



Guidé par la lune, je marche sur la route en attendant désespérément qu’une voiture croise ma situation désespérée. Après une trentaine de minutes à arpenter le bitume mouillé, des phares m’illuminent. Avec mes tétons qui pointent, je me dresse au milieu de la route pour implorer le secours. La voiture rouge s’arrête, le conducteur me regarde avec étonnement en écoutant toute ma mésaventure. Il m’invite à me mettre au chaud le temps de chercher une solution. Dès que sa voiture redémarre, le malaise s’installe. Cet homme rejette instinctivement quelque chose de malsain. En surpoids avec des cheveux bouclés, il me fait tout de suite penser à Daniel Cohn-Bendit mais en nettement moins flippant. Cette ressemblance physique en plus de son regard fixant mon maillot de bain me provoquent un stress insoutenable. Il s’arrête au beau milieu de nulle part et me menace en brandissant un couteau, il veut mon moule-bite. Je réalise que je suis installé dans une Fiat Multipla, au cœur de la légende urbaine. J’enlève le dernier rempart à ma nudité complète et quitte la voiture sans demander mon reste.



Je cours sans m’arrêter, je ne sais pas où je vais, la fuite comme absolue. J’arrive dans un petit hameau faiblement éclairé, j’aperçois un groupe de personnes nues comme moi en train de courir paniquées dans ma direction, elles me disent essoufflées que ce sont des militants communistes retenus séquestrés dans une maison servant de permanence politique. J’ai du mal à comprendre, face à mon incompréhension, ils me disent avoir été séquestrés par un cadre de parti depuis des années pour éviter par tous les moyens de poursuivre la fuite inéluctable des militants et d’atteindre un chiffre de sympathisants risibles. J’explique avoir une voiture pour fuir mais que les clés se trouvent à l’intérieur d’un manoir abandonné bien fermé, on décide collectivement de s’y rendre pour reprendre mes affaires.



Arrivés sur place devant le manoir, l’un d’eux sort de je ne sais où une faucille et un marteau pour briser sans état d’âme une fenêtre. Les mains mises sur mes clés et le reste de mes affaires, on rejoint tous ensemble en courant mon véhicule afin de fuir cette zone de l’horreur. A huit dans ma voiture, on se retrouve les uns sur les autres, imbriqués comme dans un Tetris. Moins d’un kilomètre après notre départ, je percute frontalement un sanglier, mon pare-chocs ne résistera pas. La pauvre bête est morte, il n’y a plus rien à faire. J’entends des grognements, en éclairant à la lampe torche, je remarque un sanglier au regard plein de haine en train d’observer cet homicide involontaire. On remonte tous précipitamment dans la voiture mais avec l’accident, je n’arrive plus à passer la deuxième vitesse. Le sanglier nous poursuit sans relâche. À un moment, l’animal se dresse face à notre voiture et monte sur le capot pour briser le pare-brise. L’impact sera bien plus gros qu’une pièce de deux euros. Les communistes rescapés décident de sortir de la voiture pour combattre la bête déchaînée. Ils seront chacun leur tour dévorés par le sanglier vengeur. Ça me fait de la peine, même si c’était des communistes, ça restait au fond des êtres humains. Caché dans l’habitacle de mon véhicule, j’attends avec terreur le départ de l’animal en m’assurant qu’il ignore ma présence. Une attente interminable. Le danger éloigné, je décale les cadavres cocos pour faire passer ma voiture. Péniblement, je roulerai toute la nuit jusqu’au garage rural le plus proche. Une grosse facture de réparation et au final mes photos en moule-bite s’avéreront floues et mal cadrées, tout ça pour ça.

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