Sign up with your email address to be the first to know about new products, VIP offers, blog features & more.

Manoir Joachim Kroll

Nous sommes émerveillés devant ce manoir, il est vraiment magnifique, atypique par son architecture, nous avons l’impression d’être transportés littéralement dans un film de Tim Burton. Une atmosphère féerique et dépaysante. Cela fait bien longtemps que le lieu est abandonné, enfin presque, car il y a énormément de chats qui rôdent ici, ils se sont accaparés les lieux, il y en a partout, impossible de les caresser, ils sont sauvages comme tout. A l’intérieur du manoir, nous sommes toujours observés par eux, intrigués par notre présence. Dans le manoir, il reste peu de chose à immortaliser à part un escalier en colimaçon façon brutalisme. Lorsque nous arrivons au dernier étage, nous entendons un sifflement venant de l’extérieur, moment de stress, nous regardons par la fenêtre et nous voyons un homme traverser le jardin avec de gros sacs plastiques, la meute de chats se précipitent vers lui, nous comprenons qu’il vient les nourrir. Dans le doute, nous restons cachés jusqu’à ce qu’il reparte. Après une dizaine de minutes, nous descendons l’escalier prudemment et nous voyons au moins trente chats en train de manger des croquettes dans le salon. Au moment de sortir, une voix s’élève, l’homme est toujours là. Surpris de nous voir ici, il demande quelles sont nos intentions, on lui explique que nous sommes photographes et que nous pensions que l’endroit était abandonné. Il nous explique qu’il est bien abandonné depuis maintenant une trentaine d’années. Lui vient de temps en temps ici pour nourrir les chats. Il habite le village d’a côté, il a bien connu l’ancienne propriétaire décédée dans des conditions atroces. Son histoire est terrible, il nous raconte les faits avec une émotion palpable.




Huguette est morte à l’âge de 94 ans, elle était veuve depuis longtemps et a dû vivre seule dans ce manoir. Son état de santé se dégradant au fil du temps, elle était devenue dépendante, sans enfant, elle ne pouvait compter sur personne. L’idée même d’être transférée dans une maison de retraite était une solution inenvisageable, elle ne voulait pas quitter son manoir. Attachée à son habitation, elle n’avait pas non plus l’envie d’abandonner les nombreux chats errants qui venaient chaque soir lui demander à manger, ils avaient construit une belle relation depuis des années. A cette époque, le gouvernement avait mis en place un système de cohabitation entre des gens du troisième âge et des personnes habilitées à s’occuper d’eux. Un fonctionnement à double avantage, les personnes âgées pouvaient rester chez elles tandis que les autres ne payaient pas de loyer et en contrepartie ils devaient s’occuper d’eux. Les candidats n’étaient pas sélectionnés par hasard et passaient des tests d’aptitude pour avoir l’autorisation de gérer une personne dépendante. C’est comme ça qu’Huguette fut convaincue par la mairie de faire venir un jeune couple chez elle pour éviter la maison de retraite. Pascal et Stéphanie débarquèrent en mai 1985 avec leur bébé de 11 mois, la première rencontre se déroula à merveille en présence d’une assistance sociale, la vieille dame fut enthousiasmée d’avoir dans son foyer un nouveau né qu’elle allait pouvoir dorloter. Sans famille, devenir grand mère par ce moyen était un cadeau du ciel. L’assistance sociale donna toutes les recommandations au couple pour s’occuper d’Huguette en lui faisant ses courses, la lavant, lui faisant la cuisine et en essayant de la promener régulièrement. Evidemment, il était obligatoire de s’occuper de l’entretien du manoir ainsi que du jardin. Après son départ, la bienveillance du couple apparut comme illusoire. Avec une certaine agressivité verbale, Pascal expliqua à Huguette qu’elle ne devrait pas les déranger ni contester la moindre décision car il ne s’empêcherait pas de la corriger. Le premier chamboulement pour la vieille dame fut le déménagement de sa chambre. Stéphanie souhaitant avoir la plus grande chambre, Huguette fut installée dans une pièce plus petite au deuxième étage, un calvaire pour elle qui avait déjà beaucoup de mal à se déplacer, ce qui n’émut pas un seul instant le couple. Incapable de réagir, la vieille dame se retrouvait prise au piège, son manoir devenait ainsi une prison. Stéphanie ne travaillait pas pour se consacrer à son bébé tandis que Pascal était vendeur à domicile, il se déplaçait souvent loin, il était régulièrement absent. Il n’y avait pas qu’Huguette en tant que victime, les chats aussi furent maltraités et privés de nourriture, le couple ne supportait pas de les voir venir et d’entendre les miaulements. Un soir, la vieille femme a nourri en cachette les chats et elle fut dénoncée par Stéphanie, ça fut la première fois que Pascal la frappa violemment. Jetée au sol, elle reçut plusieurs coups de pied et fut laissée par terre. Sans un cri ni d’appel au secours, il n’y eut seulement que quelques larmes de douleur qui témoignèrent de sa détresse. Loin d’être calmé par cet excès de violence, l’homme se déchaîna également sur les chats pour qu’ils partent.

Un quotidien lourd et malsain durant lequel Huguette était considérée comme une charge handicapante, ils n’avaient aucun état d’âme à ne jamais la laver, pour couvrir les odeurs ils l’aspergeaient régulièrement de désodorisant pour toilettes et systématiquement la vieille dame manquait de s’étouffer avec cette senteur lavande évanouissante. Son état de santé se dégradait à grande vitesse, la maltraitance et la malnutrition la condamnaient peu à peu vers une mort certaine. Ses uniques promenades se limitaient à se faire emmener au distributeur automatique de la banque du village pour se faire soustraire de l’argent. Toutes ses économies disparaissaient à une vitesse folle. Chaque soir le même rituel, les chats avaient tellement pris l’habitude de venir manger au manoir qu’ils revenaient systématiquement. Face à ce comportement là, Pascal eut l’idée de les empoissonner pour s’en débarrasser définitivement. Il mit en place un stratagème terrible, il mélangea de la pâté avec de la mort aux rats, la vingtaine de félins ne se doutant pas du piège, ils mangèrent la pâté jusqu’à ce qu’ils vomissent et agonissent dans de terribles souffrances. Stéphanie réveilla Huguette pour qu’elle vienne dans le jardin. Au fond, elle aperçut Pascal en train de faire un feu, elle avança avec une certaine crainte et découvrit dans le brasier les cadavres des animaux en train de brûler. En pleurs, la vieille dame était totalement désemparée tandis que lui la regardait en rigolant. Cette nuit là, elle prit conscience que rien ne pouvait revenir comme avant et que sa vie était terminée. Pour des raisons professionnelles, Pascal dut s’absenter pendant trois jours dans le sud de la France pour assister à un congrès, ce qui était une bonne nouvelle pour Huguette qui allait pouvoir souffler un peu. Devant la fenêtre du salon, la vieille dame regardait continuellement ce tas de cendre au fond du jardin, le dégoût l’habita et la vengeance lui tournait autour. Ce bébé avec qui elle vivait depuis maintenant plusieurs mois, elle n’avait jamais pu lui faire un bisou ni la moindre caresse, elle ne le voyait déjà plus comme un petit ange mais comme l’enfant du diable. Elle était obsédée par une idée qui la tourmentait, une idée qui risquait de la condamner définitivement mais elle pouvait plus penser à autre chose. Ce soir là, tard dans la nuit, Huguette allait commettre l’irréparable. Pendant que Stéphanie dormait dans la chambre, elle s’avança discrètement vers la chambre de Nicolas, un coussin dans la main, elle s’approcha de son visage et l’étouffa sans qu’un bruit ne puisse sortir de sa bouche. De longues minutes avant que le petit décède. Vers six heures du matin, le soleil se leva et la maman alla directement dans la chambre donner le biberon à son bébé mais dans le lit il n’y avait personne, c’était la panique. Elle descendit les marches en hurlant le nom de Nicolas et découvrit Huguette impassible, assise devant la fenêtre en train de regarder les chats manger. De rage de la voir totalement sans réaction face à la disparition de son enfant, elle la remua en lui demandant où il se trouvait. La vieille dame la regardait en souriant et montra les chats du doigt. La mère s’approcha et découvrit que les chats grignotaient son bébé éventré.

Avec horreur, elle fit fuir les chats et remua son bébé qui était déjà mort depuis longtemps. En se retournant, elle reçut par surprise un coup de couteau dans le crane, elle s’effondra avec son enfant dans les bras au milieu d’une marre de sang. C’est ce même jour que Pascal devait revenir en fin d’après midi de son séjour professionnel. Il était d’ailleurs bien inquiet que sa femme n’ait pas répondu au téléphone de la journée. Sur place, il y avait une odeur terrible, l’homme ne trouva personne à part la vielle dame assise devant la fenêtre du salon. Il lui demanda où se trouvaient sa femme et son enfant et elle lui dit d’aller voir au fond du jardin. Dehors, il y avait un feu qui se consumait doucement, il s’en approcha et découvrit à travers les flammes le corps carbonisé de sa femme. Il se précipita à l’intérieur du manoir pour voir Huguette, il ne la trouvait plus, la chaise du salon devant la vitre était vide, il monta dans sa chambre mais ne la trouvait toujours pas. En haut de l’escalier en colimaçon, elle le regarda monter à toute vitesse les marches vers elle sans réaction, sans volonté de s’échapper. En hurlant, hystérique, il saisit le cou de la vieille dame et l’étrangla de toutes ses forces, c’est à ce moment là qu’elle lui planta un couteau dans le cœur. Sous le choc, il la poussa au beau milieu de l’escalier et Huguette tomba du 2ème étage en se fracassant le crane sur plusieurs marches jusqu’à ce qu’elle s’écrase par terre, morte. Pascal n’eut pas le temps d’appeler les secours qu’il décéda également en descendant les marches.

Il aura fallu attendre une bonne semaine avant que l’horreur ne fut découverte par la gendarmerie. Le patron de Pascal, inquiet de n’avoir aucune nouvelle de son employé, avait contacté les autorités. La vue de ce carnage fut épouvantable et incompréhensible. Après une longue enquête, la thèse retenue de ce massacre fut que Pascal était l’auteur de ces homicides après un coup de folie. Une conclusion hâtive certainement due à son casier judiciaire chargé pour de faits de violence. Une hypothèse qui aurait pu le rester définitivement si un journaliste n’avait pas fini par trouver un petit cahier bleu dans la chambre d’Huguette quelques années après le drame. A l’occasion de l’écriture d’un article pour faire le point sur ce massacre dix ans après, il avait pris l’initiative de retourner sur les lieux en découvrant avec surprise que la manoir était encore tout meublé, il restait tout, même les scellés de l’époque. En fouillant l’intérieur, il trouva ce cahier bleu qui était son journal intime, le journal de la souffrance. Chaque jour, elle écrivait son mal être, son envie de mourir et de ne plus exister. Elle souffrait par la méchanceté du couple et de ne pouvoir jamais s’approcher du bébé. Au fil des pages, la tristesse se transformait en haine. Les jours avant le massacre, elle écrivait qu’elle devait sauver Nicolas de cet enfer par une manière radicale, qu’il sera une offrande pour ses chats. La perspective de se venger par l’absence du père était une aubaine. La dernière page de son cahier s’est terminée par ces quelques mots « Je me sens bien, Nicolas est enfin libéré et sa mère l’a accompagné, Pascal ne devrait plus tarder à revenir, je ne sais pas ce qu’il va se passer mais maintenant c’est trop tard… J’aimerai que cela se finisse, je n’ai plus l’envie ». Il était évident qu’après lecture, sa culpabilité ne faisait aucun doute et sans cette découverte, elle n’aurait probablement jamais été désignée comme suspecte. Depuis, le manoir n’a jamais été de nouveau habité, laissant l’endroit comme un lieu de recueillement pour le petit Nicolas.




Nous ne communiquons pas l'adresse de ce lieu pour des raisons évidentes de sécurité et n'encourageons pas à l'explorer par vos propres moyens. De nombreux cas d'accidents graves et mortels sont à déplorer dans les lieux abandonnés, merci de consulter cette page d'information : http://urbexsession.com/lieux-desaffectes-danger. Abstenez vous de nous demander l'adresse par message privé ou dans les commentaires, il n'y aura aucune réponse de notre part, merci de votre compréhension.

 

–> Offrez-vous un tirage limité collector d’une des photos de ce reportage à cette adresse  : https://marie-et-raphael.com

 

Instagram | L’exploration instantanée

Abonnez-vous à notre Instagram : Urbex Session : https://www.instagram.com/urbexsession/

 





« Continuez à explorer d’autres manoirs abandonnés en cliquant ici : http://urbexsession.com/manoir-abandonne« 


ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER (Vous recevrez mensuellement par mail nos dernières explorations) :




Share this article