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Manoir Antoinette Scieri

Derrière ce portail rouillé, on devine à peine qu’il y a un manoir abandonné, le jardin est devenu une jungle, bien à l’abri des regards, cet endroit vit une retraite en toute discrétion. Il va falloir que je fasse preuve de dextérité pour pénétrer à l’intérieur de la propriété. Ce manoir situé en Gironde a eu une histoire particulièrement difficile, c’est dans les archives du journal Sud-Ouest que j’ai pu découvrir l’historique du lieu. Depuis le milieu des années 70, la demeure s’est retrouvée inhabitée après le suicide de la propriétaire. Marguerite était une vieille dame très discrète, elle était connue dans son village comme quelqu’un de malheureux qui ne s’était jamais remis de la rupture avec son mari. Lâche, il l’avait quittée après que leur fils unique alors âgé de huit ans s’était fait renverser en vélo par une voiture. Un accident lourd de conséquences qui brisa cette famille. Après trois mois de coma, le pauvre enfant était devenu handicapé mental et moteur. Ce n’était plus qu’un légume, il n’y avait aucun espoir à ce qu’il réapprenne la moindre chose. A plusieurs reprises son père a voulu s’en débarrasser en le tuant et en faisant passer cela pour un accident. Marguerite l’avait sauvé in extremis d’une noyade dans le bain. Son mari la menaça en lui disant que si elle souhaitait le garder, c’est lui qui partirait d’ici. Des paroles suivies d’effets, un soir il ne rentra pas de son travail, il disparut de la circulation sans laisser le moindre mot. Totalement dévastée, elle se rendit compte un peu plus tard qu’il avait pris la fuite avec toutes les économies du couple.

 

Son quotidien devenu extrêmement difficile, elle ne pouvait pas travailler pour s’occuper pleinement de son enfant, le foyer devait subvenir péniblement avec quelques aides sociales et alimentaires. Des années éprouvantes à porter son fils pour l’emmener dans sa chambre, lui faire la toilette, l’habiller, des tâches si exténuantes que la vieille dame enchaîna les malaises. Un climat anxiogène qu’elle tenta de camoufler au voisinage pour ne pas avoir honte. Sa plus grande peur c’était que sa progéniture devienne la bête de foire du village, c’est pour cette raison qu’elle ne le sortait jamais. Les seules sorties de l’enfant étaient limitées, elles avaient lieu à l’aube à bord de son fauteuil roulant pour faire juste un tour de jardin.

 

Au fil des années, Marguerite commençait à perdre la tête, elle n’avait plus la patience de s’occuper de lui et le frappait fréquemment, elle prenait goût à le torturer et à lui faire du mal. A travers sa personne immobile c’était avant tout l’être immonde qu’elle voyait, celui qui avait brisait son couple. Le pauvre enfant, qui ne savait plus parler, subissait en silence, seuls ses larmes et son regard terrifié pouvait témoigner de son calvaire. Elle pouvait le laisser des jours dans sa couche remplie d’excréments, Marguerite n’arrivait plus du tout à s’en occuper.

 

A l’âge de 12 ans, son fils fut traîné dans le jardin et jeté dans le puits, sa mère voulait s’en débarrasser une bonne fois pour toutes. Sans aucun état d’âme, l’enfant plongea dans ce trou d’une grande profondeur. Son fauteuil roulant le rejoignit par la suite. Marguerite fut décontenancée en entendant les pleurs de son gosse, il n’était pas mort, il était juste en train d’agoniser. Paniquée, elle chercha des grosses pierres dans le jardin pour le lapider. Des dizaines de pierres s’écrasèrent sur son crane ce qui ne lui laissa aucune chance.

 

Une mort qui soulagea sa mère, comme une sensation de retrouver sa liberté, de pouvoir souffler, respirer, s’animer de nouveaux désirs. Les jours suivants, elle ne pleura toujours pas la disparition de son enfant, bien au contraire, son acte était de plus en plus assumé. Les habitants du village furent justement étonnés de la voir souvent en train de promener dans les rues toute guillerette et surtout sans pousser de fauteuil roulant, un comportement inhabituel.

 

Tout bascula le jour où deux adolescents s’infiltrèrent dans sa propriété par simple curiosité, on pouvait y entrer sans aucune difficulté car le grillage était en très mauvais état. A l’intérieur du jardin, les jeunes jouaient avec une vieille balançoire sans se soucier d’être dans une propriété privée. Ils allèrent ensuite en direction du puits et furent immédiatement interpellés par la mauvaise odeur qui s’en dégageait. Dans un grand élan de curiosité, ils décidèrent de chercher une corde pour descendre dans le puits, le duo souhaitait voir ce qui pouvait bien briller au fond du trou, à cette hauteur ils ne pouvaient pas se rendre compte que c’était un fauteuil roulant.

 

Lorsque Marguerite découvrit à travers la fenêtre de sa chambre les jeunes en train d’installer une corde pour descendre dans le puits, elle prit une machette puis sortit en courant en assénant à plusieurs reprises des coups de machette dans le crane de l’un des adolescents. Son ami tomba dans le trou après que la vieille folle coupa la corde. Il s’écroula sur le cadavre en putréfaction de l’enfant handicapé.

 

Pour tuer le deuxième garçon, elle chercha des grosses pierres pour le lapider. Voyant le danger venir, il cria de toutes ses forces pour prévenir le voisinage. Un vacarme qui ne passa pas inaperçu. A plusieurs reprises, elle lui envoya des pierres mais lui se protégea sous le macchabée. Marguerite voyant des riverains approcher de sa propriété, elle décida de se réfugier à l’intérieur du manoir. La gendarmerie intervint dans les minutes en défonçant les portes de son habitation. On la retrouva pendue dans sa chambre.

 

Après cet événement dramatique, personne ne racheta le manoir et même si des années après ce fait-divers disparu de la mémoire collective, l’endroit est devenu si vétuste qu’aucun avenir ne lui est destiné.

 

La première chose que j’ai souhaité voir ici c’est le puits mais malheureusement je ne l’ai pas retrouvé, je pense qu’il a été démoli et rebouché pour ne pas attirer des personnes à la curiosité malsaine comme moi. Après la végétation est si dense qu’il est peut être complètement camouflé. Ma déception sera dissipée par l’intérieur du manoir, par chance accessible. Tout est figé dans le temps, la nourriture périmée, la moisissure envahissant toute la demeure et l’humidité omniprésente. Je prends plaisir à feuilleter de vieux magazines dont l’un qui fait état de la mort de Pétain, ça nous rajeunit pas. Avant de quitter les lieux, par chance j’ai pu mettre un visage sur Marguerite en découvrant tout un tas de photos posées sur la table du salon, son visage est aussi terrifiant que les actes qu’elles a commis. Le clou du spectacle ça sera assurément un dentier trouvé dans un tiroir, certainement celui de la vieille psychopathe. Glauque.




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