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Hotel Vasili Komaroff

Posted on 0 6 m read

Plus jamais, sans aucun doute plus jamais je ne ferai la connerie d’explorer un lieu abandonné avec un abonné de mon compte Instagram, une belle connerie et une sacrée mauvaise expérience en retour, je vais tout vous expliquer. Il y a quelques mois, j’ai reçu un message privé sur Instagram venant d’un admirateur me suppliant de me suivre rien qu’une fois lors d’une future expédition. Une demande qui me rappela de mauvais souvenirs, déjà il y a trois ans, une fan avait souhaité nous rencontrer Marie et moi afin d’explorer un lieu ensemble, c’était son rêve, cela s’est passé dramatiquement, c’était au Danemark lors d’une visite d’un hôpital désaffecté. Pour ceux qui n’avaient pas lu mon récit sur cette exploration, vous pouvez le lire ici : https://urbexsession.com/hopital-peter-lundin. Après ce tragique événement, il était pour moi impossible de renouveler l’expérience et pourtant je me suis laissé amadouer. Kevin, un jeune adulte de 20 ans, après m’avoir envoyé plusieurs messages pour tenter de me convaincre, a fini par me dire brutalement qu’il était atteint d’une maladie grave, une leucémie aiguë et qu’il ne savait pas combien de temps il lui restait à vivre. Comment refuser après ça, c’est impossible. Dans le doute, j’avais demandé qu’il m’envoie quelques documents médicaux qui prouvent sa maladie. C’était vrai, il ne m’avait pas menti. J’ai donc accepté qu’il vienne avec moi un jour. Faire une exploration avec un jeune malade, cela pouvait intéresser la presse, pourquoi pas, on crache pas sur la publicité.

Deux mois plus tard, le rendez-vous était pris en Lorraine, je devais explorer un gigantesque hôtel abandonné, l’occasion rêvée pour Kevin. D’ailleurs vous le connaissez peut être, il gérait une chaîne Youtube sans intérêt « KevinUrbexBuzz » avec des dizaines de vidéos insipides, quelques unes ont été vues des milliers de fois comme « J’explore une piscine abandonnée ça tourne mal », « Les flics me chopent dans une usine désaffectée ça tourne mal », « Des chauves-souris m’ont agressé dans une maison abandonnée ça tourne mal » et « Mon pire Urbex, ça tourne vraiment mal, NO FAKE ».

Il m’attend dans ce parking de supermarché, il est assez timide de me voir, je peux aisément le comprendre. Il articule mal, j’ai du mal à le suivre, sa timidité prend le dessus, ça commence déjà à me gaver. Surtout que je suis assez énervé car j’avais contacté un journaliste local pour qu’il nous suive lors de cette exploration en lui disant que je serai accompagné d’un jeune gravement malade et que ça serait intéressant de relayer mon geste. Cette personne fut tout de suite intéressée mais se décommanda la veille me prétextant ne plus pouvoir venir. Totalement blasé, du bénévolat sans lendemain.

Une fois arrivés devant l’entrée de l’hôtel abandonné, nous apercevons deux clochards avachis par terre faisant presque obstacles au seul passage possible. Nous devons obligatoirement les enjamber. L’un nous demande de l’argent car il est affamé et l’autre hurle qu’il a envie de baiser, une belle entrée en matière, nous faisons semblant de ne pas entendre et continuons notre chemin à l’intérieur du lieu.

La déception est immédiate, l’ensemble est dévasté et tagué, il n’y a pas grand chose à photographier, cette exploration ne va pas durer des heures. Kevin remarque un trou dans le plancher, sourire aux lèvres, il me demande si je peux le filmer quelques secondes avec son téléphone portable. Le jeune vidéaste mime son admiration de l’hôtel en ruine en marchant en direction du trou. Il passe sa jambe droite à travers en poussant un énorme cri puis me demande d’arrêter de filmer. Ravi de son effet, il me dit avoir assez de contenus pour faire un reportage vidéo qui tourne mal. Sidéré, je continue d’un pas nonchalant cette exploration pathétique.

Après avoir grimpé l’escalier pour atteindre le dernier étage, Kevin me demande qu’on fasse un selfie ensemble pour sa page Facebook. Je tiens son téléphone et on essaye d’immortaliser ce moment parfaitement oubliable. Un contre-jour complique la tâche, on recule, Kevin un peu trop et tombe à cause d’une barrière défectueuse. Impuissant, je le vois percuter les rampes de l’escalier jusqu’à s’écraser au rez-de-chaussée, une chute horrible, le bruit de sa chute me fait craindre le pire. Sans attendre, je descends les marches deux à deux pour lui porter secours. En passant devant le 3ème étage, je remarque la présence d’une tapisserie horriblement kitch, j’en avais jamais vu d’aussi moche. Je la contemple en me projetant dans les années 70, qu’est-ce qu’on pouvait avoir mauvais gout à cette époque. Cet étage est rempli de ce type de tapisserie, c’est limite captivant. Je dégaine mon appareil photo et essaye de composer avec ces pauvres ingrédients, autant repartir d’ici avec quelques clichés.

J’entends du bruit en bas, c’est surement Kevin qui essaye de se relever, je continue de descendre en courant les escaliers jusqu’à tomber sur une scène macabre. La tête explosée et la cervelle éparpillée, la pauvre victime est en train de se faire violer par l’un des clochards tandis que l’autre déguste l’intérieur de sa boite crânienne, j’ai l’impression de faire un cauchemar. Discrètement, je quitte cet enfer et allume mon téléphone sans traîner pour contacter en urgence le journaliste qui devait venir initialement. Je lui explique cette terrible situation et l’invite à se dépêcher d’immortaliser ce drame et m’interviewer par la suite. Il insiste pour que j’appelle avant tout la police et les pompiers en me promettant de venir couvrir l’événement.

Quelques minutes plus tard, à travers la panique générale, le journaliste me pose quelques questions, la police passe à côté de moi avec les deux clochards, c’est vraiment flippant. J’insiste pour que le journaliste perturbé par la situation me prenne en photo devant l’hôtel, par chance je portais sur moi mon tee-shirt indiquant l’adresse de mon site internet. Le lendemain, impatient, je me procure le journal pour lire ce fait-divers dramatique et découvre horrifié qu’il n’y a aucune référence à mon site, il m’a juste nommé « Raphael, témoin du drame » accompagné d’une photo d’une voiture de la police devant l’établissement désaffecté, bordel de merde. Trop bon trop con.




 

« Nous ne communiquons pas l’adresse de ce lieu pour des raisons évidentes de sécurité et n’encourageons pas à l’explorer par vos propres moyens. De nombreux cas d’accidents graves et mortels sont à déplorer dans les lieux abandonnés, merci de consulter cette page d’information : https://urbexsession.com/lieux-desaffectes-danger. Abstenez vous de nous demander l’adresse par message privé ou dans les commentaires, il n’y aura aucune réponse de notre part, merci de votre compréhension. Lors de cette exploration, aucune dégradation ni infraction a été commise pour pénétrer dans ce lieu. Nous n’avons aucune information sur les éventuels propriétaires. Si vous êtes propriétaire de cet endroit et que la publication photographique sur ce site vous gêne, nous procéderons à sa suppression sur simple demande via notre page contact. »

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