Sign up with your email address to be the first to know about new products, VIP offers, blog features & more.

Château Patricia Dagorn

Posted on 0 6 m read

Comme beaucoup de personnes qui passent devant des lieux abandonnés et qui radotent éternellement « C’est triste de voir des bâtiments comme ça, dire qu’il y a des clochards qui dorment dehors », ce constat basique a été partagé par Clémentine, une jeune femme humaniste dépitée à chaque fois qu’elle croise le chemin de ce beau château vide. Décidée à se sortir les doigts du clavier, elle prit la direction d’un coin à SDF pour les accompagner dans ce château, un toit abîmé c’est toujours mieux que pas de toit du tout pour passer l’hiver. Une entrée discrète au sous-sol en passant par une échelle et la voilà entourée d’une dizaine de clochards dans cet endroit désaffecté.

 

On est loin du grand confort, vandalisé de toute part, Clémentine a nettoyé comme elle peut certaines pièces mais le décor général reste macabre. Les SDF remercient tout de même la jeune femme pour sa générosité et sa bienveillance, tellement rare de nos jours. Au fil des jours, l’adresse de ce squat circula dans toute la ville permettant à de plus en plus de sans domicile fixe de dormir quelque part. Malheureusement cette bonne action fut brisée par quelques énergumènes en mal d’argent. Un groupe de racailles habitant à proximité ont flairé l’aubaine avec ce château abandonné et ces clochards à l’intérieur. Manu militari la pauvre Clémentine fut éjectée à coups de pied au cul avec l’interdiction de revenir, le piège se referma ainsi sur les SDF.

 

Plus spectaculaire que les combats de coqs et de chiens, le groupe malveillant avait mis en place des combats de clodos. Morbide, glauque, horrible, le cocktail idéal pour attirer un public en mal de sensation. Tous les soirs les mêmes combats clandestins, ils devaient se battre pour manger et obtenir en prime une canette de bière. Effarant. Heureusement ce spectacle payant odieux fut stoppé après quelques jours par la police, le succès était si grand que cela s’était ébruité partout.

 

Des mois après ce fait divers graveleux, me voici devant ce ravissant château abandonné, pas très discret avec mon échelle à la main, je suis au courant que j’en ai obligatoirement besoin pour descendre par le sous-sol, ce qui constitue toujours le seul accès possible. Une fois à l’intérieur, avec l’appareil photo j’immortalise le magnifique escalier central qui constitue une des seules choses à photographier. A peine le trépied posé que je sursaute en entendant du bruit dans la pièce d’à côté, je ne suis vraisemblablement pas seul. D’un coup surgit un homme en piteux état, crade comme jamais, le genre de mec qui est refusé en boite de nuit pas que pour ses baskets. Il s’approche de moi en me disant de ne pas avoir peur, il m’explique être un clochard séquestré ici et que je suis en danger. Dans une incompréhension totale, je l’invite à s’échapper avec moi immédiatement mais lui me signifie que c’est trop tard et que je suis emprisonné aussi. Je m’empresse de rejoindre mon échelle pour me rendre compte qu’elle n’est plus là, le clodo avait raison. Le stress monte à toute vitesse, du château emmuré le réseau ne passe pas, impossible d’appeler les flics. Le crado m’explique qu’ici chaque soir, il y a un combat entre deux personnes et que le perdant est condamné à rester ici tant qu’il ne gagne pas, lui m’explique que ça fait déjà son quinzième combats qu’il perd, d’un côté j’ai peut-être une chance de m’en sortir en lui foutant un bon coup de poing dans la gueule. C’est une histoire de dingue, je vais être obligé de fracasser ce clochard pour sortir d’ici, pas de pitié.

 

Vers 23 heures, un public composé de cailleras de cité s’installent à l’intérieur du château. Des costauds installent une sorte de ring, tout est prêt pour le spectacle. On m’explique les règles que je connais déjà, je perds je reste, je gagne je me casse. On a une vingtaine de minutes pour s’échauffer, le public assis fume la chicha en nous insultant, j’en aurai des choses à raconter à mes petits-enfants. La musique de rap retentit dans le château, l’arbitre habillé en survêt Lacoste fait retentir l’alarme de son téléphone pour signifier le début du combat. En face de moi, un pauvre déchet en manque d’Heineken, il a du mal à tenir sur ses jambes, je ne dois pas avoir de scrupules si je lui écorche la gueule, il a déjà presque plus de dents. Je m’approche de lui prêt à le dégommer mais mon attention se concentre immédiatement sur des moutons en train de se faire égorger par quelques spectateurs, je reste sonné par ce que je vois. Le pouilleux en profite pour me mettre un coup de pied dans les couilles et me faire tomber au sol, il m’enchaîne sans discontinuer et n’hésite pas à me pisser dessus sous les applaudissements du public. Je n’ai pas le temps de me relever que l’arbitre signale la victoire au clodo, je suis condamné à passer une nouvelle journée ici.

 

Je suis dépité, assis contre un mur, je les observe en train de préparer un méchoui, les pauvres bêtes sont dépecées dans un nuage de fumée tout droit venu des chichas, ça filtre un peu l’horreur. Je veux absolument sortir d’ici et ne souhaite pas dormir ici, jamais de la vie. La soirée se passe, personne ne me regarde, aucune attention, rien. Certains commencent à nettoyer les lieux et à sortir les dépouilles des moutons. Une idée de génie me vient alors, en toute discrétion comme si de rien n’était je m’engouffre dans la carcasse d’un mouton éventré, j’ai un mal fou à me mettre complètement à l’intérieur, l’odeur est horrible, l’envie de gerber est intenable. Je m’efforce à me mettre en boule et à rentrer mes genoux au plus profond de mon ventre, je ne me voyais pas aussi souple, bon à savoir pour expérimenter l’auto-fellation.

 

Après quelques minutes plongées dans l’animal, je sens qu’on nous enveloppe complètement avec un sac poubelle, je risque de manquer d’air, mort asphyxié dans le cadavre d’un mouton dans un sac poubelle, si c’est pas de la mort qui claque ça. J’ai trop chaud, je n’en peux plus, le temps est extrêmement long. Le bruit de l’ouverture d’un conteneur à poubelle sera synonyme de délivrance. Une chute douloureuse à l’intérieur du bac, j’attends quelques minutes pour m’assurer qu’ils ne reviennent pas. Avec difficulté, j’arrive à m’extirper de cet enfer nauséabond et déambule dans le quartier entièrement imbibé de sang. Il est certain qu’avec cette histoire, je ne mangerai plus de mouton avant un bon moment. Je déconseille fortement l’exploration de ce château, à vos risques et périls.

Nous ne communiquons pas l’adresse de ce lieu pour des raisons évidentes de sécurité et n’encourageons pas à l’explorer par vos propres moyens. De nombreux cas d’accidents graves et mortels sont à déplorer dans les lieux abandonnés, merci de consulter cette page d’information : urbexsession.com/lieux-desaffectes-danger. Abstenez vous de nous demander l’adresse par message privé ou dans les commentaires, il n’y aura aucune réponse de notre part, merci de votre compréhension. Lors de cette exploration, aucune dégradation ni infraction a été commise pour pénétrer dans ce lieu. Nous n’avons aucune information sur les éventuels propriétaires. Si vous êtes propriétaire de cet endroit et que la publication photographique sur ce site vous gêne, nous procéderons à sa suppression sur simple demande via notre page contact.



Offrez-vous un tirage limité collector d’une des photos de ce reportage à cette adresse : https://marie-et-raphael.com



Continuez à explorer d’autres châteaux abandonnés en France en [cliquant ici]


Ces articles disponibles sur Amazon peuvent vous intéresser :


A découvrir sur Urbex Session :