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Asile Remy Roy

Posted on 0 7 m read

En partant explorer ce château abandonné qui fut reconverti en asile psychiatrique, j’ai eu une certaine appréhension et crainte. En effet, la presse locale avait relayé, il y a quelques années, une anecdote assez flippante relative au lieu désaffecté. Un des anciens patients de l’asile n’avait que peu apprécié son transfert de l’établissement médical et avait tenté à plusieurs reprises de retourner au château pour y vivre. Malgré de multiples interventions de la police et diverses protections pour éviter toutes intrusions, motivé comme jamais, ce vieil homme gagna la bataille. Voyant que c’était peine perdue, l’administration du lieu avait laissé leur ancien patient s’installer dans l’ancien asile psychiatrique. Finalement c’était également de leur intérêt, voyant qu’il pouvait jouer le rôle de gardien bénévole, idéal pour éviter des intrusions malveillantes. J’ai tenté de me renseigner pour savoir si depuis le vieil homme avait quitté cet endroit mais je n’ai eu aucune réponse. C’est assez effrayant dans l’idée d’explorer un asile désaffecté et de rencontrer l’un des anciens patients. Hésitant, j’ai pensé rayer cette destination de mon road trip par manque de courage mais ma curiosité a pris le dessus au dernier moment, je le regrette maintenant.

En arrivant dans ce petit village du sud de la France, on aperçoit de loin le bâtiment désaffecté, il est assez imposant. Tous les volets sont clos, je cherche une entrée et je trouve tout au fond de la cour un espace pour me faufiler dans l’enceinte de l’asile psychiatrique. Je marche dans ce parc en friche en passant à côté d’une fontaine silencieuse. Toujours sur mes gardes, je me méfie au cas où je croiserai ce fameux patient squatteur. De ce côté là du bâtiment, il y a une fenêtre au rez-de-chaussée qui est grande ouverte, c’est trop facile pour que j’y entre sereinement. Après avoir passé quelques minutes en tentant d’écouter s’il y a du bruit à l’intérieur, je me décide à entrer. Une fois dedans, je traverse ce long couloir glacial et débute mon exploration.

Sans tarder je ne me sens pas à l’aise, comme une impression de n’être pas seul ici, j’ai beaucoup de mal à me concentrer afin de faire des photos. L’intérieur de ce château reconverti en asile réserve quelques surprises. En ouvrant les volets de certaines grandes pièces, je découvre au dessus de moi de magnifiques plafonds, la magie opérant, je me détends immédiatement. Je comprends la raison de la fermeture de cet asile, il ne devait pas être aux normes, le lieu est exigu, c’est un vrai labyrinthe, de quoi perdre encore un peu plus la tête pour les anciens patients.

Après environ deux heures d’exploration, je commence à prendre la direction de la sortie jusqu’à ce que je découvre une petite pièce faisant office de bibliothèque. En m’y approchant, je constate que c’est un trompe-l’œil qui cache tout simplement une porte, c’est vraiment bien fait, l’illusion est tout bonnement parfaite. Je pousse la porte et entre dans une pièce plongée dans le noir. En allumant ma lampe torche, je découvre un endroit étonnant qui contraste avec le reste de l’asile. Sur les murs, il y a des photos de Stéphane Bern qui sont accrochées un peu partout, un véritable sanctuaire dédié à l’animateur télé. Ce qui me surprend c’est qu’il y a des magazines télés qui sont récents, datant de quelques semaines, j’ai du mal à comprendre.

A ce moment là, j’entends quelqu’un s’approcher, stupéfaction et horreur, je m’engouffre sans réfléchir à l’intérieur d’une armoire représentant la seule cachette possible ici. Une personne entre dans la pièce qui s’allume, il y a de l’électricité, c’est complètement incompréhensible. Mon cœur bat si fort que j’ai peur que cela raisonne dans toute la pièce. La personne allume la télévision pour regarder une émission avec Stéphane Bern, je suis tombé apparemment sur son fan ultime. Le temps passe et je suis toujours dans cette putain d’armoire, ma journée est foutue.

Je n’entends plus rien, il s’est peut être endormi, je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps ici, je vais tenter de m’enfuir. Discrètement, j’ouvre l’armoire et tombe nez à nez avec le visage de cet homme qui me fixe sans rien dire. Passé mon cri d’effroi, je contemple cet homme obèse affublé d’une perruque de cheveux blonds et bouclés bien trop petite pour sa tête. Je tente le dialogue en lui disant que je ne suis qu’un photographe et lui me répond le plus sérieusement possible qu’il est Stéphane Bern, aucun doute, je suis face au fou revenu habiter ici, ce n’était pas une légende urbaine.

L’air de rien je lui souhaite une bonne journée et commence à quitter la pièce jusqu’à ce qu’il me rattrape par l’épaule et me demande à quelle famille royale j’appartiens. Par peur qu’il prenne mal mon statut de prolétaire, je lui signifie que je viens de Monaco et que je suis un Grimaldi, la seule référence qui me vient en tête. Il continue à m’interroger et me demande mon prénom. En lui répondant Raphael, il me dit que c’est impossible que j’appartienne à la famille Grimaldi et me traite d’usurpateur en hurlant. Constatant qu’il devient totalement cinglé, je m’échappe en courant en me perdant dans cet immense asile. Le gros est derrière moi, il a perdu sa perruque et continue à m’insulter. Je ne trouve plus la fenêtre ouverte, je suis désorienté. J’essaye tant bien que mal d’en ouvrir une mais elle est bien verrouillée, l’homme me rattrape et m’assomme avec une barre de fer. Un coup fatal qui me fit perdre connaissance.

En me réveillant plus tard, je me retrouve attaché sur une chaise, l’homme est en train de me passer du produit dans mes cheveux et me maquille le visage, j’ignore totalement son intention, il ne répond à aucune de mes questions. Il m’emmène un miroir pour me montrer fier de lui à quoi je ressemble. Ce taré m’a teint les cheveux en roux et m’a apposé des taches de rousseurs sur le visage. Il m’annonce m’avoir transformé en Prince Harry et que ma vie va prendre un autre tournant. Cet homme me terrifie, il est incontrôlable. Ce qui le rend encore plus angoissant c’est qu’il essaie d’imiter vocalement Stéphane Bern, c’est très mal fait, on dirait une mauvaise imitation de Nicolas Canteloup.

Toujours enchaîné sur ma chaise, on passa toute la nuit à regarder des émissions enregistrées de Stéphane Bern, on se tape toute l’intégrale de « Sagas » et quelques « 20h10 Pétantes ». Le fou est hilare et exulte à chaque apparition de son idole. Au petit matin, il me détache de ma chaise et m’avoue avoir toujours eu comme fantasme de se taper le Prince Harry en me caressant l’entrejambe. Alerte rouge, je crie qu’il y a la Reine Élisabeth II derrière lui. Il se retourne et j’en profite pour le pousser par terre et m’enfuir. A toute vitesse, je cours dans l’asile en hurlant. Du premier étage, je découvre une fenêtre ouverte, sans hésiter je décide de sauter et m’écroule dans une petite ruelle du village. Je me trouve au cœur du marché municipal, les gens me regardent avec sidération. Je demande à l’aide tout en tremblant. La police arriva quelques minutes plus tard. Je raconte avoir été agressé par un mauvais sosie de Stéphane Bern et avoir été maquillé par lui pour ressembler au Prince Harry. Ils se marrent et ne me prennent pas au sérieux. J’insiste pour qu’ils me suivent à l’intérieur de l’asile afin d’interpeller ce dingue. Après avoir tourné dans le bâtiment à plusieurs reprises, je ne retrouve plus la fausse bibliothèque permettant d’accéder au sanctuaire Stéphane Bern. Je jure que je raconte la vérité mais ils me prennent pour un fou. Ils me menacent de m’accompagner dans un hôpital psychiatrique pour que je sois pris en charge si je continue à délirer comme ça. Un cauchemar. Avec mes cheveux teints en roux, je me calme immédiatement en leur disant que je vais partir me reposer.

De cette mésaventure, je ramène tout de même quelques photographies du lieu que j’ai du mal à regarder, me rappelant le traumatisme que j’ai subi. Je déconseille à quiconque d’explorer cet asile désaffecté, surtout si vous n’appréciez pas forcément l’animateur Stéphane Bern.




 

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