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Université Vinko Pintarik

Université abandonnée

Harvey Milk, Elton John, Ricky Martin ou bien encore le plus célèbre Bertrand Delanoë, quatre personnes, quatre destins qui ont su, à leur manière, faire progresser les mentalités et l’image de l’homosexualité, un combat difficile, un combat de tous les jours, un mouvement qui ne cesse d’aller de l’avant à travers des symboles ou des lois. Théo et Martin ont aussi fait beaucoup pour la communauté LGBT, ils ne sont pas morts en martyrs mais presque finalement. Décédés à 21 et 22 ans, leur courte vie les aura quand même propulsé en icônes gays. Ils se sont rencontrés ici, à l’université Vinko Pintarik, en classe préparatoire, Théo, un grand brun aux yeux bleus, très timide et réservé tandis que Martin était quant à lui un parfait opposé, un blond extraverti qui n’avait de cesse de se faire remarquer, deux personnalités différentes mais qui petit à petit se sont confondues.

Martin a toujours su qu’il était attiré par les garçons, il n’a jamais refoulé ses attirances tout en sachant que ce n’était pas moral en rapport à son éducation, il faut contextualiser l’époque, nous sommes en 1992 et l’homosexualité était encore un grand sujet tabou. Il ne put jamais déclarer sa flamme aux nombreux garçons qu’il croisa tout au long de sa jeunesse. Peur d’être jugé ou pire, frappé, il pensait tout naturellement que son attirance était toujours à sens unique, cet amour du même sexe immoral, il ne pouvait que le combler en fantasmant et en se masturbant.

Théo, lui, introverti, a toujours réussi à se faire oublier de son entourage car absent tout en étant présent, il passait son temps à dessiner, son existence il la vécut à travers son art, il dessinait ce qu’il voulait être et ce que le monde aurait du être, une introversion qui cachait une utopie et qui l’aidait à survivre à un présent trop difficile. Sexuellement et sentimentalement, il n’a jamais été attiré par personne malgré un charme naturel qui lui offrait tous les regards féminins de son université et celui de Martin en particulier.

Martin était littéralement tombé amoureux de Théo, au fil du temps, le côté réservé, artiste, rêveur et beau gosse de Théo l’avait conquis littéralement, une complicité se noua entre les deux, devenus inséparables. Immédiatement, leur amour ne passa pas inaperçu, ça ne trompait personne, élèves et professeurs avaient tout de suite remarqué leurs petits jeux. Les insultes, les violences n’avaient pas tardé, limite encouragées par les professeurs, les montrant du doigt comme des malades mentaux. Théo, terrorisé par cette violence qu’il n’avait pas vu venir, sans expliquer pourquoi, quitta l’université pendant un moment. Ses parents ont su pourquoi il avait fuit les cours grâce à un de ses professeurs qui leur expliqua que leur enfant était homosexuel et s’était tripoté avec un garçon dans les toilettes de l’université. Cette nuit là, Théo connut une nouvelle fois la violence, à coups de ceinture, son père s’est déchaîné sans discontinuité, des coups, du sang, comme un rituel de désenvoûtement et malgré les cris et les pleurs de Théo rien n’y faisait, son paternel vit rouge et n’arrivait pas à s’arrêter, sa mère, elle, impassible, regardait la scène.

Martin passait souvent devant la maison de Théo pour l’apercevoir, pour avoir de ses nouvelles, mais sa chambre avait toujours les rideaux fermés, il s’inquiétait beaucoup pour lui, il ne savait pas ce qu’il avait ni s’il habitait encore là, il ignorait tout de la violence subie par son compagnon. Une angoisse, un manque qu’il avait de plus en plus de mal à gérer.

Quelques jours plus tard, cette attente, ces questions sans réponse, cette incompréhension, Martin ne pouvait plus continuer à vivre comme ça, il décida d’aller directement taper à la porte de Théo. Le père de celui-ci, en ouvrant la porte, découvrit le jeune homme et lui demanda ce qu’il voulait, Martin lui répondit qu’il cherchait Théo. La réaction ne se fit pas attendre et il reçut en échange plusieurs coups de poing et des coups de pied à terre par le père qui avait compris qui il était. Théo, interpellé par le vacarme, descendit en courant de sa chambre et découvrit Martin en train de se faire violenter par son père, sans hésiter il partit en direction de la cuisine pour récupérer un couteau et le planta dans le dos de son père sans le tuer. Les deux garçons s’enfuirent en courant, ne se retournant jamais.

Ils traversèrent le pays pour construire une vie ensemble, une vie pleine de galères, à chercher du travail, un toit pour dormir, de la nourriture mais leur amour les aida à surmonter toutes ces épreuves et avec le temps ils finirent par avoir une vie stable. Ce parcours chaotique, ils décideront de le raconter dans un livre « Notre vie, notre homosexualité, notre combat » qui aura un retentissement médiatique à travers tout le pays, tant par le message de tolérance qu’il véhiculait que par ce combat permanent à mener pour l’acceptation. Malgré eux, ils étaient devenus de véritables icônes gays. Ils étaient toujours là à brandir le drapeau arc en ciel dans toutes les gays pride du monde.

Malheureusement, leur destin plongea une nouvelle fois dans l’horreur. Durant cette nuit du 10 janvier 1997, un incendie se propagea dans leur petite maison en ne leur laissant aucune chance de survie, ils moururent brûlés vifs. Cette mort à la fois tragique et horrible resta touchante car on retrouva les deux amoureux enlacés l’un à l’autre, les flammes n’avaient pas réussi à rompre leur amour. On découvrit Théo, attaché au lit avec des menottes et Martin, la main et l’avant bras plongés dans le rectum de Théo, il n’y avait pas de doute, ils étaient morts pendant la pratique d’un fist fucking. Un médecin légiste expliqua qu’ils n’avaient pas pu se sauver de l’incendie car ils étaient tout simplement bloqués, Théo attaché et Martin avait l’avant bras coincé car le rectum de Théo était trop contracté.