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Palais Heriberto Seda

Un mauvais concours de circonstances, c’est peu de le dire, la rencontre entre Artur et André fut un quiproquo fatal. Deux vies différentes mais qui finiront par se croiser dans une situation improbable. Artur est un marginal d’une trentaine d’années squattant un palais abandonné Heriberto Seda depuis quelques temps, vivant de vols et de mendicité. André, lui, est un vieil homme qui est également en marge de la société, à cause de son handicap, aveugle depuis sa naissance. Sa vie, il la passe avec son chien, un berger allemand qui a maintenant 15 ans, vieux et fatigué, son ami à quatre pattes est extrêmement malade et André recule toujours un peu l’échéance fatale pour l’euthanasier chez le vétérinaire même si ce destin est inéluctable car l’animal souffre de plus en plus.

 

Artur passe son temps à se droguer, toutes les substances illégales sont bonnes à prendre et il ne distingue jamais le danger potentiel de celles-ci. Pourtant, il aurait dû se méfier de cette pilule de LSD qu’un ami lui avait donné. Un mauvais bad trip dans lequel Artur a subitement cru être un chien. Nu, à quatre pattes, il sortit dans la rue pour chasser les chats et aboyer quand les voitures passaient à côté de lui. C’est cette même journée durant laquelle André s’est enfin décidé à libérer son berger allemand de ses souffrances.

 

Se déplaçant difficilement avec sa canne, en sortant de chez lui, il n’a pas eu le temps de mettre le collier et la laisse à son chien, qui a certainement senti qu’il allait droit vers la mort et a préféré s’enfuir. Voilà que le vieil homme appelle son chien, marchant vers l’inconnu, il va même aller jusqu’à aboyer pour refaire revenir son chien. Au loin, Artur entend ces bruits et se précipite vers André et se frotte à ses jambes. L’homme aveugle est rassuré de l’avoir retrouvé et le caresse pour le féliciter. Il ne se douta pas que ce n’était pas un chien mais un homme. Artur est quelqu’un de très poilu et ses cheveux longs créent une certaine confusion. Sans difficulté, il se laisse accrocher un collier autour du cou et se laisse promener avec la laisse.

 

Arrivés à la clinique vétérinaire, le médecin, négligeant, ne s’aperçoit pas non plus que c’est un homme à qui il pose la piqûre mortelle dans le cou, Artur s’effrondre immédiatement et meurt. André est inconsolable et rentre seul chez lui en repensant à tous les bons moments qu’il a passé avec son fidèle compagnon. Quant à son véritable berger allemand, il vécut le reste de sa vie à errer dans la ville autour des poubelles pour se nourrir et se réfugiait le soir pour dormir dans le palais abandonné Heriberto Seda.