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La maison au fond Dutroux

Maison de Marc Dutroux

Dutroux, un nom gravé dans l’histoire de la Belgique, une des histoires les plus morbides que ce pays ait connu. Les histoires criminelles et les faits divers m’intéressent énormément, assez pour me retrouver dans la maison d’un des hommes les plus détestés au monde. N’ai-je pas franchi les limites du voyeurisme et de la visite morbide ? Probablement pour certains, tout comme ils seraient choqués des gens visitant les chambres à gaz ou le village d’Oradour-sur-Glane.

La passion prenant le pas sur les scrupules, je suis dans la maison de Marc Dutroux, rien que ça ; mes vacances ne ressemblent décidément pas à des voyages all in inclusive destination Djerba.

A vrai dire je n’imaginais pas un seul instant que sa maison serait encore debout et encore moins que j’aurais trouvé de nombreux effets personnels. Situé en plein cœur du village de Sars-la-Buissière dans la province de Charleroi, la maison est à peine visible, à côté d’un magasin automobile et d’un bar tabac, elle est cachée par un mur en brique en ruine et il y a un grillage pour cacher la propriété, je marche à travers les ronces et les orties pour explorer une partie de la vie Dutroux ouverte aux quatres vents et sans panneau d’interdiction.

A droite, dans un sale état, le plafond de la cuisine s’est à moitié effondré, à gauche, dans le salon il y a une multitudes d’objets sous scellés, il y a un grand bordel dû aux nombreuses perquisitions et la maison n’a pas échappé également au vandalisme et au vol. Je monte à l’étage où se trouvent entre autres un canapé avec de nombreux bibelots, j’y trouve également un vélo d’enfant et d’autres jouets ayant appartenus probablement à son fils Frédéric.

Frappant le décalage entre le Marc Dutroux que l’on connait à travers les médias et les crimes commis avec ce que j’ai pu voir dans cette maison, l’imaginer écouter du Bernard Minet ou du Village People est dans l’ordre du surréalisme.

A l’extérieur, une maison voisine est en plein vis à vis avec la maison Dutroux, un cadre visuel qui ne doit pas être des plus facile, surtout que c’est dans ce jardin que les malheureuses victimes ont été déterrées. Le maire du village avait d’ailleurs racheté la propriété pour ne pas qu’une personne mal intentionnée puisse l’acheter et en faire un musée de l’horreur par exemple, les visites avaient pourtant commencé.

Acheter une propriété d’un tueur en série n’est pas quelque chose d’impensable, à une centaine de kilomètres d’ici a été racheté le château de Sautou où a habité Michel Fourniret et où des corps ont été également dissimulé dans le jardin de la propriété et également a été rachetée sa maison située à Gédinne mais cela a heurté beaucoup moins de monde.

L’affaire Dutroux est encore une cicatrice ouverte tant il reste de zones d’ombres dans cette affaire, les scandales sont toujours présents et Marc Dutroux reste présent médiatiquement et continue à faire la une dans les journaux belges. Les journalistes savent très bien que Dutroux fait vendre du papier, il suffit de faire un tour dans Google Actualité et taper Marc Dutroux pour se rendre compte que l’homme est toujours sur le devant de la scène avec des scandales pas piqués des hannetons, devenu riche depuis sa prison, libération de sa femme Michelle Martin, l’interview de son fils. 

En France, médiatiquement, les tueurs de « renommée » n’ont jamais fait autant de unes et parler d’eux une fois en prison, à part des sujets dans Faites Entrer l’Accusé, la justice les a condamné au silence, aucun écho sur la vie carcérale de Fourniret, de feu Emile Louis, des frères Jourdains, etc…

La pédophilie, un sujet délicat à la hauteur de sa gravité avec des affaires qui vivent toujours tant les interrogations et les zones d’ombres restent entières, quid de l’affaire d’Outreau, d’Angers, de Zandvoort, etc…

Pour en revenir à cette maison Dutroux, elle est vouée depuis des années à la démolition mais à ce jour ce n’est toujours pas le cas tout comme sa maison principale à Charleroi.

Un blog très documenté sur toute l’affaire en se concentrant principalement sur la recherche des filles avec en photo les unes et articles de presse de l’époque, très intéressant et complet à découvrir à cette adresse : http://pourquipourquoi.skyrock.com.

Une pensée pour Julie, Mélissa, An, Eefje, Laëtitia et Sabine.