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Hotel Susanna Cox

En partant en direction de cet hôtel abandonné, on était prévenu que la ville où il se trouvait était totalement hors du commun et qu’il fallait se préparer à être surpris par le mode de vie de ses habitants. Situé dans la ville de Bretwald en Autriche, l’hôtel Susanna Cox fut jusque dans les années 1980 un endroit réputé grâce à la beauté et l’architecture du bâtiment et des nombreux services proposés comme leur espace de balnéothérapie, un des plus grands et luxueux de l’époque. D’ailleurs toute l’économie de cette ville de 3400 habitants était liée au fonctionnement de cet hôtel, qui était le principal employeur du coin avec une centaine de salariés pour s’occuper du restaurant, de la balnéothérapie, de l’entretien de l’hôtel et des activités annexes.

Son effondrement et sa désaffectation furent liés à une décision politique du maire de l’époque, un acte humaniste aux conséquences dévastatrices. Une histoire qui commença à des milliers de kilomètres de Bretwald, au large de l’océan pacifique, dans la petite île de Pinzón. Dans la nuit du 10 septembre 1979, un terrible incendie ravagea complètement ce coin de paradis habité par une trentaine de personnes, le carnage fut tel qu’il n’y eut qu’un survivant, secouru de justesse étant en train de se noyer. Un jeune survivant bien seul, isolé dans sa tristesse et à cause de la barrière qu’il avait avec le monde extérieur, ce monde qu’il ne connaissait pas. Cette personne avait toujours vécu reclus avec sa tribu sauvage, avec son propre dialecte, ses traditions et son art de vivre, ce jeune homme, qui n’avait même pas de nom, avait tout à apprendre du monde civilisé. Enfermé dans un centre d’accueil social en Equateur, l’homme fut maltraité, humilié et rejeté par les personnes qui l’entouraient. Il déprima jusqu’à vouloir se laisser mourir en arrêtant de se nourrir. Pris en charge par des associations humanitaires, la vie de cet homme émut le monde entier et des pétitions circulèrent pour offrir une vie meilleure à cet écorché vif.

Cet histoire fit écho jusqu’aux oreilles du maire de Bretwald, un humaniste convaincu qui décida de proposer l’asile dans sa ville au survivant de Pinzón, une idée qui fut acclamée par tous les habitants qui approuvaient cet acte plein de bonté. Un ministre de l’Equateur approuva cette demande tout en mettant en garde le maire que cela restait une personne sauvage, difficilement intégrable à la vie occidentale et qu’il risquait fortement de rencontrer des problèmes de toutes sortes ce qui n’encouragea nullement le maire à revenir sur sa décision. Accueilli en héros le 18 mars 1980, le malheureux arriva à Bretwald sous les applaudissements de toute la population, la presse internationale était même présente pour immortaliser ce beau moment. L’homme qui se présenta totalement nu fut surnommé sobrement « Pinzon ». Nu car c’était sa manière de vivre, il se démarquait des autres habitants, loin de s’en offusquer cette différence apporta un vivre ensemble bienvenu. En guise d’accueil, Pinzon eut une petite maison en centre ville offerte grâce à une collecte d’argent de tous les habitants. Loin d’être isolé, Pinzon était constamment aidé par des personnes voulant lui apprendre à parler, à communiquer et même essayer de lui faire porter des habits pour que son intégration soit parfaite. Désillusion, Pinzon n’accorda aucune attention à toutes ces aides et resta fidèle à son ancienne vie. Une différence culturelle qui fit des étincelles douloureuses pour les hommes de Bretwald. En effet, pour les saluer, Pinzon ne serrait pas les mains, ni ne tendait la joue pour une bise mais arrachait leur pantalon pour leur faire deux pénétrations anales, rien de sexuel, c’était un rite tout droit venu de son île. Il réclamait en retour la même chose car il ne comprenait pas qu’on ne lui dise pas bonjour également. Quant aux femmes, point de salut, car pour lui elles devaient rester enfermées, cachées et n’avaient droit à rien. Un choc culturel insurmontable en somme. Insurmontable peut être pas, la volonté de mixité sociale et de vivre ensemble ne s’arrêta pas en effet avec quelques compromis de la part des habitants. Lors d’une réunion publique, le maire de Bretwald expliqua qu’il allait mettre en place un plan d’intégration pour la population non sans heurts et incompréhensions. Les habitants devaient vivre nus avec l’interdiction formelle de porter même un slip pour se cacher les parties intimes, Pinzon se sentant exclu par cette manière d’être, ils devaient s’adapter à lui. La liste de ce plan d’intégration ne s’arrêtait pas là, les diligences de ce nouveau venu furent contraignantes pour beaucoup. Interdiction de circuler en voiture dans la ville, d’accorder la moindre autonomie à la femme, de consommer de la viande de porc, l’obligation de se sodomiser entre hommes pour se dire bonjour et d’apprendre le dialecte de Pinzon en tant que langue principale de Bretwald.

Malheureusement, une partie des habitants considérés comme des extrémistes refusèrent catégoriquement ces nouvelles règles de vie, quelques femmes firent même preuve d’un féminisme éhonté réclamant le droit de pouvoir sortir librement de chez elles. Pointés du doigt par le maire et par plusieurs partis politiques comme étant des racistes et rejetant le pauvre Pinzon, ces personnes furent contraintes d’abandonner leur maison et la ville de Bretwald. Après cette vague pénible de protestation, les habitants restants s’habituèrent à leur nouvelle vie, un véritable recommencement. En 1997, Pinzon se présenta à la candidature de la mairie de Bretwald et fut élu avec 74% des votes, un vrai plébiscite. De quoi donner des idées pour un avenir présidentiel. Après cette élection, la ville de Bretwald devint un exemple authentique témoignant que le vivre ensemble était possible en élisant cet homme venu de si loin, une émotion et un constat d’humanité loin des préjugés et de la xénophobie.

Marie et moi étions assez curieux et à la fois stressés à l’idée d’arriver dans cette ville, de se soumettre à ces coutumes si particulières. Par chance, les femmes étrangères venues pour faire du tourisme étaient autorisées à se balader dans les rues mais à la condition d’être totalement voilées, Marie put donc venir avec moi explorer cet hôtel abandonné. Arrivés à 100 mètres de la ville, nous dûmes obligatoirement garer notre voiture pour continuer notre chemin à pied, nous étions prévenus que l’automobile était bannie de Bretwald, totalement écolo, en avance sur son temps. Voilée et moi nu, nous marchâmes en direction de l’hôtel abandonné, j’évitais absolument de croiser le moindre regard d’un autre homme par peur qu’il veuille me dire bonjour, je trouvais tout de même la façon de le faire dégradante et douloureuse. Par chance, si tôt le matin, nous ne croisâmes que très peu de personnes dans les rues à part quelques hommes marchant en boitant. Nous accélérâmes le pas jusqu’à l’hôtel et l’explorâmes sans la moindre difficulté, toutes les fenêtres et les portes étaient ouvertes. L’endroit était majestueux, on l’imaginait bien à l’époque, du temps où c’était un hôtel incontournable. Son abandon était directement lié à l’arrivée de Pinzon, les touristes n’appréciant guère les nouvelles coutumes et règles établies par le plan d’intégration de l’ancien maire apportant son lot d’interdictions dont celles de la musique et de l’alcool qui étaient un frein important dans le développement de son activité. Un véritable gâchis que créèrent les touristes avec ce rejet culturel, l’intolérance faisait une nouvelle fois des dégâts. Après une exploration de quelques heures, nous quittâmes l’hôtel en passant par la place principale de Bretwald où nous vîment une justice d’un autre temps, une scène de lapidation, nous quittâmes cette ville sans regret et avec beaucoup d’interrogations.

  • Julia

    Bonjour cette histoire m’a intrigué ma sœur vivant en Autriche je me suis renseigné cette ville n’existe pas est une histoire de pure fiction?ou auriez vous changer simplement le nom pour qu on ne puisse le trouver, je ne veux pas connaître l’adresse comme certains ne pratiquant pas l’urbex j’ai néanmoins compris votre principe et je cpds en plus déjà tellement de vandalisme dans les endroits visiter ….