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Hôpital Erno Soto

Dans un village endormi du Languedoc-Roussillon où ne vivent que quelques âmes en attente du grand voyage, nous nous dirigeons vers un vieil hôpital abandonné depuis bien longtemps, plus précisément depuis les années 1960. Je n’avais strictement aucune idée de ce que nous allions trouver, jusqu’à présent je n’avais pas vu la moindre photo circuler sur cet endroit, encore trop bien caché, sur son accessibilité ou non et sur l’intérêt du lieu. Nous nous garons au centre du village, là où se trouve la boulangerie ouverte uniquement le matin jusqu’à midi pétante, là tout de suite la question de l’ouverture d’un Burger King nous semble compromise d’un point de vue rentabilité. Deux jeunes avec sacs à dos se promenant dans ces ruelles trop étroites, ce n’est pas discret mais par chance, c’est certainement l’heure de la météo à la télévision, personne n’est à la fenêtre en train de tuer son ennui.

De l’extérieur, l’hôpital est vraiment d’époque, vieilles pierres, fissures apparentes et portail rouillé promettant de nous offrir le tétanos, pas de doute, le lieu est bien abandonné. A quatre pattes en train de passer dans le trou d’un mur et traversant les ronces et les orties, nous arrivons devant une porte en bois pleine de faiblesse, nous entrons à l’intérieur sans difficulté. De toute évidence, c’est clairement l’hôpital le plus ancien que nous découvrons ici, limite moyenâgeux. L’endroit est vide, il y a bien cette poupée qui nous accueille dès le couloir pour essayer de nous rassurer sur ces fissures bien inquiétantes et sur ces nombreuses barres toutes rouillées qui soutiennent tant bien que mal les plafonds trop usés par le temps.

Au bout du couloir se trouve une chapelle, il n’y a plus aucune statue, c’est seulement les quelques croix dessinées sur le mur et son architecture qui nous rappelle l’utilité de cette pièce. A l’étage, nous découvrons qu’au dessus de chaque porte est écrit avec une police ancienne l’usage de ces pièces, comme la pharmacie ou la distinction entre la salle des hommes et des femmes, on est bien dans un cadre moyenâgeux ou d’Arabie-Saoudite.

Il reste que très peu de chose ici, c’est regrettable, la façade extérieure pleine de promesses nous dévoile au final que très peu de chose, encore une allumeuse. Il y a bien quelques tapisseries d’époque et des autocollants pour nous emmener un siècle en arrière.

Seconde déception et pas des moindres, je n’ai absolument rien trouvé sur le passé du lieu à part quelques brèves lignes nous indiquant que l’hôpital a été construit au XVIIIème siècle. Sa survie en tant que ruine, il la tient heureusement par son inscription aux Monuments Historiques car sinon cela ferait bien longtemps qu’il n’y aurait plus rien (ou un Burger King à la place). Après, finalement, vu son état, ça ne sera pas l’homme qui détruira le lieu mais bien les épreuves du temps.

Bon c’est pas tout, j’ai faim, je file manger un Whopper.

  • FPF

    incroyable photos !! bravo, notre imagination s’emballe à essayer de sentir la vie dans ses constructions que l’homme est incapable de faire aujourd’hui !!