logo

Chateau Marko Bey

C’est la fin de journée, Marie et moi nous nous précipitons pour arriver au château afin de réussir à prendre des photos avant la nuit et le parcours fut loin d’être simple. Une fois garés assez loin pour ne laisser aucun doute sur nos intentions, nous réussissons facilement à nous faufiler derrière le portail mais le plus dur reste à venir, la traversée du parc. Une jungle, les herbes sont tellement hautes qu’une partie de cache cache serait éternelle, une véritable course contre la montre avant le coucher du soleil. Au loin, nous commençons à l’apercevoir, massif, caché, protégé par mère nature, il est beau malgré une souffrance apparente. Nous l’immortalisons sous tous les angles en toute quiétude, aucune crainte d’être ennuyés par le propriétaire, il a disparu de la circulation depuis un moment, un sacré destin pour ce propriétaire, une carrière hors du commun et une chute fatale. Quatre ans que Régis a disparu en Biélorussie, aucune idée si c’est une fuite ou un décès, le mystère autour de sa vie est loin d’être résolu.

Il y a des destins atypiques, hors normes, insolites mais je crois que Régis est encore au dessus de ces qualificatifs, son parcours est tellement improbable qu’on a eu du mal à le croire. Dès son plus jeune âge, il travaillait et aidait ses parents à la ferme, une grande exploitation d’élevage de bovins dans le Calvados, une vie difficile au destin tracé. Les années passaient et les difficultés s’accumulaient, la perte de ses parents, la solitude pesante, une situation financière catastrophique et une ferme au bord de l’agonie, Régis était totalement désemparé. Pour témoigner de la crise de l’agriculture, une équipe de journalistes tourna un reportage télévisé en suivant pendant une journée le quotidien de Régis pour mettre en lumière une profession en danger. Le fermier devenu star le temps de quelques minutes au journal de 20 heures devant des millions de téléspectateurs. Régis espérait qu’il pourrait avoir de l’aide pour sa ferme grâce à cette projection. Les répercutions furent tout autre. Dès le lendemain, un drôle de défilé d’hommes devant sa ferme l’intrigua immédiatement. Il était en permanence observé par des personnes n’hésitant pas à se masturber au loin tout en le regardant, malsain. Une situation totalement incompréhensible. Certains allèrent même le voir pour avoir une relation sexuelle avec lui, des propositions qu’il rejeta avec le plus grand des dégoûts. Un de ses prétendants lui expliqua qu’il était devenu une icone gay sur internet après sa participation au reportage sur sa ferme, une séquence extraite avait déjà été vue des milliers de fois sur les sites pornos. Devant son ordinateur et après quelques recherches, il découvrit qu’effectivement il était en vedette sur plusieurs sites gay avec une vidéo dans laquelle on le voyait en train de faire une insémination artificielle à une de ses vaches, le bras entièrement rentré dans l’animal, un acte qui excita toute une communauté souhaitant remplacer le bovin. Surnommé « Régis le fisteur », le fermier était devenu une star du porno gay malgré lui. Une renommée dont il se serait bien passé. Impuissant face à cette popularité naissante, l’homme fut totalement abattu, cette réputation pouvait l’achever définitivement et lui faire perdre toute crédibilité auprès de ses partenaires.

Malgré le temps qui passait, Régis était toujours autant sollicité par des hommes pleins de fantasmes. Il suffit qu’une des personnes lui propose de l’argent pour qu’il lui fasse une insémination artificielle et qu’il bascule dans une spirale qu’il ne maîtrisait plus. Acceptant cette proposition atypique car surendetté, il emmena l’homme au milieu des autres vaches, l’attacha et lui mit à plusieurs reprises son bras entier dans son rectum. Une scène filmée en cachette par un voyeur qui la diffusa ensuite sur internet. L’engouement pour « Régis le fisteur » prit une ampleur inimaginable et il passa alors son temps à remonter ses économies en fistant à tour de rôle une masse d’hommes en chaleur. Totalement dépassé par la situation, Régis ne se rendait pas compte qu’il se condamnait définitivement à prostituer son bras à travers le monde et que sa vie ne serait plus jamais la même. Chaque jour, sa ferme improvisait un parking accueillant des dizaines de voitures au milieu des tracteurs et de la paille pour attendre un fist les pieds dans la boue. Un célèbre producteur biélorusse de films pornos tomba sur les vidéos du phénomène « Régis le fisteur », fut immédiatement séduit et vit à travers le fermier une manne financière importante. Il vint directement à sa rencontre dans la ferme pour le convaincre de le rejoindre en Biélorussie en lui proposant un contrat en or. Là bas, le marché du porno était en plein essor et plus particulièrement la pratique du fist fucking, très populaire dans ce pays. Face à cette proposition, l’homme ne savait pas quoi répondre, l’alternative de devenir riche en inséminant des hommes ou rester pauvre en inséminant ses vaches, la balance avait tendance à pencher d’un côté, du côté des hommes. Sous la pression du producteur, Régis abandonna son bétail sur un coup de tête insensé et prit l’avion en destination de sa nouvelle vie. Là bas, accueilli déjà comme une star, le fermier commença rapidement à tourner des vidéos pornographiques dans des studios où étaient reconstituées des fermes fictives pour les mises en scène. Les vidéos s’enchaînèrent et son compte en banque gonflait à vue d’œil, qui aurait pu penser un jour à un tel destin. Il oublia vite son ancienne vie et ne se préoccupa jamais du devenir de ses vaches. Les rares fois où Régis revint en France, c’était pour aller passer des vacances au Château Marco Bey qu’il avait racheté, signe de sa nouvelle richesse. Posséder un château avait toujours été le rêve de Régis.

Le phénomène Régis le Fisteur ne s’arrêta pas en Biélorussie, ce qui énerva Vlad Kievitch qui était jusqu’à maintenant la star du fist fucking dans son pays, l’arrivée du français l’avait totalement éclipsé médiatiquement. Une jalousie maladive qui lui mit en tête les plus basses intentions. Avec l’aide d’une bande armée, à la sortie d’une boite de nuit à Minsk, Régis fut agressé violemment et son bras droit coupé à l’aide d’une machette. Son membre qui représentait sa richesse disparut sous les cris des gens et des sirènes de la police, on ne le retrouva jamais. Transporté à l’hôpital pour des soins d’extrême urgence, il disparut de sa chambre en pleine nuit sans laisser de traces. Avait-il été kidnappé par les mêmes agresseurs ou avait-il lui même fui par crainte d’être une nouvelle fois attaqué, depuis la nuit du 20 octobre 2005, Régis ne fut jamais retrouvé laissant derrière lui sa ferme et son château à l’abandon.

  • Alexis Desbois

    woaw chateau très joli vraiment dommage qu’ils soit abandonnées