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Château Angelo Buono

Château abandonné dans le centre de la France

Au fin fond de la France, dans une campagne désertique, se trouve le Château Angelo Buono. Isolé et abandonné, il a servi autrefois d’unité médicale d’internement, une sorte d’asile mais dédié spécifiquement aux troubles du comportement lourds, des malades mentaux en somme qui ne pouvaient espérer autre, comme traitement radical, que la mort.

Un des malades, Geoffroy Villechard, est là depuis sa naissance, orphelin, abandonné dès son premier jour, il n’a eu que les médecins et infirmières comme famille. Il n’a jamais eu la chance de pouvoir être adopté car en plus de son handicap mental, il souffre également d’une pathologie physique. Une jambe beaucoup plus courte que l’autre le fait affreusement boiter. Son allure inquiétante est assurée également par sa bosse au dos, si on devait trouver un personnage connu pour l’identifier, on l’appellerai sans hésiter Quasimodo, d’ailleurs c’est comme cela que certains le nomment au château.

Dès ses premiers pas, son avenir était déjà tracé. A moins d’un accident de la route ou d’une maladie grave, son existence devait se faire dans cette unité médicale. Au fil du temps, les médecins le laissaient sortir seul, promener à pied autour du château, jusqu’au village où les enfants, à sa vue, partaient en courant par peur. Il était en somme l’alibi des parents qui l’exhibaient à leurs enfants s’ils n’écoutaient pas. Au bord de la route, boitant, il s’amusait à faire coucou aux voitures, avec cet éternel sourire naïf. Il n’y avait pas un jour où Geoffroy ne ramenait pas un bouquet de fleurs fraîchement cueillies aux infirmières.

A ses 20 ans, quelque chose d’inattendu arriva, quelque chose qu’il n’aurait pas pu imaginer dans un de ses rêves, même les plus fous. L’inattendu ne dépassait pas les un mètre soixante, composé d’une chevelure blonde qui cachait légèrement des yeux marrons, le tout pour une cinquantaine de kilos, cette composition n’était autre que la mère de Geoffroy.

Il y avait quelques années, prise de scrupules vis à vis de l’abandon de son fils, elle avait entamé de longues recherches pour retrouver la trace de son fils, d’hôpital en hôpital, de mairie en mairie, Josiane avait remonté piste après piste le chemin de celui-ci. La venue de la mère de Geoffroy au château créa un émoi auprès de l’équipe médicale. Ils ne savaient pas comment il allait accueillir sa mère, même si mentalement, il n’avait pas tout le recul pour se rendre compte de la situation, il pouvait toujours y avoir un risque, comme un électrochoc dont on ne connaissait les conséquences.

Dans le bureau du médecin de Geoffroy, qui le suivait depuis bébé, celui-ci interrogeait cette femme, des questions sur sa motivation de vouloir retrouver son fils, le pourquoi de l’abandon, dans le but de comprendre comment il avait pu se retrouver dans cet état physique et mental, s’il y avait des antécédents dans la famille. Gênée, Josiane redoutait ce moment où elle devrait raconter la vérité et la genèse de sa lâcheté.

Cet enfant, elle ne l’a jamais voulu, c’est un accident et les conditions de sa conception tiennent du morbide. A l’époque, durant sa vingtaine, elle fréquentait souvent des clubs libertins, une nymphomanie assumée qu’elle devait nourrir tous les week-ends, sa lubie, les partouzes, elle ne pouvait prendre son pied seulement de cette façon. Elle raconta que Geoffroy était né de la combinaison de plusieurs spermes différents, ce qui avait engendré une sorte de mixage des chromosomes, un désastre.

Depuis ces lourdes déclarations, une campagne de sensibilisation eut lieu pendant des mois à la télévision et sur des affiches stipulant que les partouzes devaient être pratiquées avec préservatifs pour éviter ce genre de risques, une campagne publicitaire choc car elle mettait en évidence la tête de Geoffroy comme résultat de cette dérive. Après le choc médiatique de cette affaire, l’histoire se termina bien, comme un conte de fée, Geoffroy et Josiane se mirent en couple et attendent maintenant leur premier enfant.