logo

Asile Marie Besnard

Adamo Coronel est un octogénaire, veuf depuis maintenant cinq ans. Sa femme est décédée d’une grave maladie incurable. Longtemps inconsolable et emprisonné par une solitude pesante, il a malgré tout repris goût à la vie petit à petit. Son médecin psychiatrique lui a été d’une aide importante, sans lui il se serait certainement laissé mourir de chagrin.

Il passait ses après-midis à jouer aux jeux de société dans un club du 3ème âge de son village, c’est là bas qu’il a fait la connaissance de Madalena, une mamie de 75 ans, veuve également. Comme des enfants, intimidés par cet amour naissant, l’un comme l’autre savent que cela sera certainement la dernière occasion pour eux de tomber amoureux.

Adamo invita Madalena à manger chez lui le lendemain soir. Stressé par ce repas, il passa voir son psychiatre pour lui faire part de son inquiétude face à sa capacité d’être en érection. Son médecin lui indiqua qu’au début d’une relation, il ne fallait pas nécessairement penser à cela et laisser les choses se faire mais Adamo lui demanda tout de même des conseils et des médicaments pour pouvoir assurer au cas où. Malgré son âge avancé, il lui prescrit une boite de viagra.

Une heure avant le rendez vous, Adamo avala un cachet du médicament, une réaction soudaine et immédiate lui donna une érection dure comme le fer. Il se retrouva alors dans une position délicate car il n’avait pas la possibilité de cacher cet excès de virilité. Sous le robinet, à l’eau froide, il essaya de calmer son érection mais sans succès. Il décida alors de se masturber pour évacuer les effets mais malgré plusieurs éjaculations, son érection restait la même.

Quelqu’un frappa à sa porte, Madalena attendait qu’on lui ouvre. Affolé, Adamo ne savait pas quoi faire, honteux de la situation, il n’ouvrit pas la porte. Après insistance, triste, Madalena repartit chez elle.

Il passa une nuit infernale, sans trouver le sommeil, il se demandait quand les effets allaient diminuer, en espérant se réveiller avec un sexe sans érection. A sept heures du matin, il ouvrit les yeux sur son drap surélevé, son érection n’avait pas disparu. Désespéré, il n’osa pas en parler à son médecin par honte et ne pouvait plus sortir de chez lui également. Son érection était devenue séquestratrice. Les jours passèrent et la situation restait la même. Ses amis du club du 3ème âge se rendirent chez lui par inquiétude pour lui demander si tout allait bien et lui, à sa fenêtre, les rassurait tant bien que mal.

Adamo était devenu haineux envers son sexe, le frappa contre les murs, avec un rouleau à pâtisserie mais rien ne se passait, son érection ne faiblissait pas. Il mangeait ce qu’il trouvait, dans l’incapacité d’aller faire ses courses, il grignotait des restes de boites de conserve et des vieux biscuits qui traînaient, la situation dégénérait. La folie le guetta, il ne communiquait plus qu’avec son sexe, lui parlait comme si c’était une personne à part, il devenait schizophrène. Après deux semaines, il ne restait plus rien à manger, cela faisait déjà deux jours qu’il ne mangeait plus. Le soir, tard dans la nuit, il sortit en toute discrétion pour fouiller les poubelles de ses voisins et tenter de se nourrir.

Quelques temps plus tard, José, un habitant du village, était assis sur sa terrasse, tranquillement, il passait les pages du journal mais des bruits l’interpellèrent. Il entendit des grognements, comme un animal, il regarda autour de lui et découvrit avec étonnement un homme nu, courir n’importe où, à frapper des voitures stationnées avec son sexe. José lui cria dessus et l’homme s’enfuit dans la nuit sombre.

Tout de suite dans le village, une psychose s’installa, l’homme nu frappant avec son sexe créa une onde de choc. Les jours passèrent et la tranquillité était revenu au village jusqu’au jour où l’épicerie fut cambriolée. La caissière encore traumatisée témoigna avoir été attaquée par un homme cagoulé,  nu, la menaçant de la frapper avec son sexe, il prit plusieurs sacs de nourriture et s’enfuit rapidement.

La presse locale écrivit plusieurs articles sur ce cas atypique, une affaire qui était venue jusqu’aux oreilles du médecin psychiatre d’Adamo. Immédiatement, il fit un parallèle entre la prise de viagra de son patient et le fait qu’il ne l’avait plus vu depuis. Il s’empressa de se rendre au domicile d’Adamo mais personne ne lui ouvrit la porte. Sans se décourager, il cassa une fenêtre et fouilla la maison pour retrouver l’octogénaire. A quatre pattes, pour regarder sous le lit, il reçut un violent coup sur la tête, Adamo venait de le frapper avec son sexe. Le médecin lui implora de le laisser en vie mais l’homme était fou de rage et le défigura avec son érection extrêmement dure. Le médecin décéda d’un traumatisme crânien.

Le soir même, Adamo promena dans le village, nu, en portant le cadavre du médecin à l’aide de son sexe. La police arriva immédiatement sur les lieux pour l’emmener à l’hôpital pour une expertise. Les médecins n’arrivèrent pas à lui enlever son érection, la seule solution fut l’amputation mais à son âge l’opération était dangereuse. Complètement fou, Adamo finira sa vie enfermé dans une chambre de l’asile Marie Besnard.